‹ Thalysie; ou, La nouvelle existenceChapitre 13 sur 39 · L'EGYPTE · texte numérisé non relu

L'EGYPTE

I4es anciens Égyptiœs e^iîg^raient un «rtickr trop long ; j'ai eu d'ailleurs et j'aurai eneore de fréquentes occasions d'en parler dans le cou» de cet ouvrage* On a cru que c'était leur manière ^entendre la métempsycose qui avait [m>duit ces vastes monumens qui subsistent etk^ core , et dont la vue nous étonne ; mais il parait qu'ils étaient^ comme j'en ai déjà fait la remarque y purement astronomiques , quoique une pensée de iport ( la mort apparente, du. soleil) fût empreinte au fond deoes monumens^ Mais il n'en était point ainsi des petites pyramides construites but le modèle des grandes; celles-là avaient été règlement âevées confor^ mément à ^me croyance particulière de la matempsyeosa Les anciens Egyptiens comptaie»! de venir reprendre leurs corps après la grande révolution ' de l'univers, c'est-à-dire lorsq«i'il serait revenu au point d'où il était parti , pourvu toutrfois que ces oorfs eussent été parfaite* ment ccMiservési De là tous ces tombeaux, dont

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rç^yple était ooM^erte, dans ses parties arides , el d'âne forme q[ui les rendait indestructibles : et de là aussi ce nombre infini de temples desservis par des prêtres qui veillaient en même temps à la garde des tombeaux. Mais ce qui nous intéresse ici particulièrement dans ce peuple, c'est cette grande idée^ la plus grande qui ait àé émise, savoir, que les dieux chassés de FOlympe s'étaient réfugiés sous les herbes de ses jardins. Les prêtres avaient conservé soignea* sèment l'époque de la visite de ces dieqx , et d'autant plus qu'ils attribuaient à leur absence oui leur retraite ( abandon en partie du r^me des herbes), la déchéance de l'Egypte* Ôr, cette ^XNjue, non point d'après les <^cu(s d'Hérodote^ qui ont été jugés &ulifs, mais d'après ceux de Manéthon , qu'on a tout lieu de croire exacts, cette époque, dis-je^ eoïnciderait avec celle du paradis terrestre de Moïse ,^ et, en gé-* néral, avec celle de l'âge d'or de tous les peuples. Jindiqae ces nouvelles lignes isothermes aux historiens qui seront bien aise de s'arrêter quel^ quesinstanasurces points culminans où se conserve la seule et véritable gloire du genre humain.

Je joindrai à Ce court résumé quelques mots aar l'Egypte moderne; je les emprunterai au

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consul Maillet Son ouvrage n'est pas nouveau , mais il est le seul où l'on ait jugé à propos d'entrer dans des détails qui se rapportent au but de ces études.

« ..«.Jamais on n'imaginerait que des honunes )) naturellement si vifs sur la joie et le plaisir » fussent en même temps les peuples du monde )) les plus sobres. Cest cependant une vérité )) qu'on ne peut révoquer en doute, pour peu » qu'on ait quelque connaissance de l'Egypte » Je ne parle point des Bédouins, ou Arabes du » désert ; ces peuples portent la frugalité à un )) point qui est presque inconcevable. Un peu » de blé , qu'ils recueillent ou qu'ils achètent , » moulu entre deux pierres et réduit en farine )) grossière dont ils font une pâte assez claire, )) cuit ensuite sous la cendre cbaude, et trempé )) dans un peu de lait , telle est leur plus déli- » cieuse nourriture au milieu des vastes soli- » tudes qu'ils habitent

» Cest par ces mêmes dispositions à la so- » briété que les habitans de l'Egypte peuvent » y vivre en beaucoup plus grand nombre que » ne feraient tous les autres peuples de la terre. )) Le pain et les moindres légumes su£Bsent pour

)) les contenter 11 est vrai que ce n'est pas la

» même chose pour les personnes riches ; mais

» Fexceptipn de quelques particuliers dont les

)} usages peuvent , avec raison , être regardés

» comme des abus, ne préjudicie point au ca-

» ractère général de la nation. D'ailleurs , les

» tables les plus splendides que Ton voit ici

)) sont encore si éloignées du luxe et de la déli-

» catesse qui régnent en Europe , qu'on peut ,

» avec justice , r^egarder comme très-sobres et

2) très-modérés des peuples qui n'ont pas ima-

» gipé que dans cette matière la magnificence

» put aller plus loin. » (Page 108 et suivantes.)

Maillet, au reste, considère cette frugalité

des Egyptiens comme la principale cause de

leur santé et de leur longue vie.

LA CYRÉNAÎQUE.

En longeant la cote septentrionale de TAfriqoe , nous trouverons une contrée entièrement semblable à la Grèce , vis-a-vis de laquelle elle est située, et qui, comme cette seconde mère de l'intelligence, dont l'Inde est la première, était soumise au régime des berbes. Cest la Cyi^naïque, qui s'étendait depuis les frontières de l'Egypte jusqu'à ce pays des Lotopbages, chanté par Homère , et qui , comme on le sait, était animé du même esprit La ville de Cyrène a offert un spectacle que le monde n'a-

1 si THALTSIB.

Tait point encore vu, odai d'un peuple tout entier de sages, cultivant la philosophie et pratiquant la vertu *; exemple bien ocmisolant pour ceux qui s'affligent que les trésors de k pensée ne soient pas l'héritage commun de tous les hommes, sorte de loi agraire mfiniment préférahle à l'autre , et qu'dle seule, dans Télat actud de nos mœurs, est capable de prévenir (17). Cet esprit se conserve encore dans œ même pays; ses faabitans y ont pour demeures les immensesgrottesdontleurs montagnessont par* semées ; ils s'y enfierment avec des abeillesdont le miel exquis compose leur principale nourriture ; ils s'y maintiennent dans une parfaite indépen* dance contre le bey de Tripoh'. C'est une fleur belle et vigoureuse que le soudOTe du despotisme n'a pu encorq détruire, dont il n'a pu même altérer les parfums.

LES HYLOPHAGES.

En reprenant par l'Egypte la route de l'Inde, nous nous arrêterons dans l'Arabie. Que de choses n'aurions-nous point à dire sur ce peu-

^ n est une autre ville qui pourrait servir de ce o5té de pendant à Cjrène; c'est Priène, en lonie^ renomma dans toute l'antiquité pour sa justice. La sagesse de tous finit par 6 y rvsumer en un seul ; Bias naquit...

TBOCAéVJS BldCOUBS. 135

pie, cher à la nature, t(ai a tant mfloé sur les destinées morales de 'oe laonâe! Certes, ée urnes ses qualités , la sobriété est celle qui" se présente la pretnièrè à l'esprit Ge n'est poMt Bsset pour nous^ sans 'doute; missi ne faisonsnoas que la remarquer en passant^ elt ne touloD»-nous patiér ici que d'une portion de ce peofde qui a poité Fabstinenœ au-ddi de tOQtes les bornes^ plus loin même que ceux qui se fêtaient imposée dans un esprit d'anstérite et de pénitenoe, qui n'est pas le sien. Job , Diodore de Sicile et Strabon, nous ont fait connaître ces hommes qui ne se nocnrissaieift qoe ^écorces et de bourgeons , ainsi que leur nom l'indique ^' mats qui étaient^ je pense, les pins heureux de. tous les mortels , malgré leur extrâme dénuement Llialime, dont ils suçaient le sel, était pour eux ^me appfia<iti0n oâesle, et le lys de la yallée, quand ils araîent le bonheur d'en respirer les pariTcnns, les élewt à la hauteur des apges. Job à eu à s'en plaindre *; mais on voit que le mépris qu'ils

* QoQîqne Job fut riche et paissant , les hylophages le lioaient toates les fois qui) se montrait dans leur yoîiinagé j nuis c^était nniqaement à cause du sai^g dont ses main^ étaient souillées , quoique ce ne fut que celui des animaux 9 et Jôb s'enfuyait alors comme l'hyène que poursuivaient les ïMines cris.

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lui inspirent vient surtout de ce qu'ils suivaient an autre r^ime que le sien y c'est-à-dire qu'ils professaient un autre culte. Les hylophages vénéraient les plantes et adoraiei^t les étoiles.

Les hjlophages d'Arabie avaient, comme les gymnosophistes d'Ethiopie, leurs congénères dans l'Inde. Voici ce que Clément d'Ale^^andrie rapporte des hylophages de cette dernière contrée ^ qu'il appelle allobii; on reconnaît parfaitement les autres c^ads ce portrait : Domus aut tecia non habent^ arborum autem induuniur Qorticibu$j et glandes arborum j baccasque ameduntj ^t aquam bibent manibus.

Diodore de Sicile en parle tout-à-fietit dans le qaême sens. Il dit , de plus , que leur agilité est Itelle qu'ils Ont atteint dan^ un instant le ^mmet de l'arbre où ils vont prendre leur nourriture y et qu'ils s'élancent de l'un a l'autre avec la rapidité des oiseaux.

Le même historien ^t mention d'un autre peuple qu'i^ appelle rizophage , ou mangeur de racines. Une seule, dit-il , le npurrit , et elle ne lui manque januùs ; c'est celle d'une espèce de foseau * , que l'on broie entre deux pierres , et

'*' Cette description oonyiendrait parfaitement au sorgho, oa doura^ s'il avait la Tiscoâté qae Diodore , dans son teite, attribue aux racines dont se nourrissent les rizophages. Peut-

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dont on forme une pâte que l'on fait cuire au soleiL Les rizophages^ ajoute Diodore, vivent entre eux dans la plus douce paix ; il ne sont en guerre qu'avec les liona....

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