‹ The Marquis de Villemer (volume 2)Chapitre 111 sur 113 · DUNIÈRES, DIANE, URBAIN, CAROLINE, LE DUC, LA MARQUISE · texte numérisé non relu

DUNIÈRES, DIANE, URBAIN, CAROLINE, LE DUC, LA MARQUISE

URBAIN, courant à Caroline.

Mademoiselle de Saint- Geneix, vous êtes la victime d'une perfidie odieuse, écrasez-la sous vos pieds, parlez 1

CAROLINE, pAle et froide.

J'ignore qui m*accuse et de quoi Ton m'accuse. J'attends qu'on m'interroge et j'ai le droit de l'exiger.

URBAIN

Ma mère... vous l'entendez!

LA MARQUISE

Oui, et je vois que la crise est inévitable. J'ai voulu l'adoucir en provoquant la confiance des uns, en invoquant la prudence des autres; mais on appelle ambition déçue ma répugnance à frapper un coup qui brise toutes nos âmes et ruine toutes nos espérances! (sue passe près de Caroline.) J'aural donc le courage de m'expliquer devant tous, puisqu'on m'y contraint. Pourquoi * non, après tout ? La famille de Villemer ne doit pas plus avoir de secrets que de situations fausses et douteuses. Monsieur le duc, inspiré par un sentiment chevaleresque mais imprudent, puisqu'il devait être de courte durée, vous avez cru pouvoir adresser vos hommages à mademoiselle de Saint- Geneix ; elle vous a écouté, je le sais, et cela mystérieusement, car elle m'en a refusé l'aveu. Elle a certainement rejeté vos offres, puisque vous vous croyez libre ; mais je crois pouvoir affirmer, moi, qu'elle souffre de son sacrifice et que c'est là le motif de son départ. Comprenez donc que mon devoir est d'aller plus loin et de vaincre des scrupules qui ne demandaient sans doute que mon consentement poui" céder. N'abusez pas cette noble enfant (Elle montre Diane.) qui VOUS croyalt dégagé de tout lien; n'eutre-

tenez pas chez votre frère des émotions que vous ne pouvez pai> comprendre, mais qui le tuent : épousez mademoiselle de Saint- Geneix. Certaines questions de délicatesse, monsieur, équivalent à des raisons d'honneur.

LE DUC, indigné.

- Madame!... pardonnez -moi, ma mère ! (La marquise retourne & rextrême droite.} Mais VOUS me faites bien cruellement expier le passé! Vous m'accusez d'une infamie!

LA MARQUISE

Non ! d'une grande légèreté.

LE DUC

Certaines légèretés sont des crimes, et c'en serait un que d'avoir troublé le repos d'une personne respectable pour offrir le lendemain mon lâche cœur à une autre. Tenez, je ne peux pas répondre devant cet ange qui daignait croire en moi ! ni devant celte autre pureté qui est là, écoutant avec stupeur les révélalions que vous lui faites! Mon Dieu! je me croyais absou.s régénéré , purifié ; j'étais tout enthousiasme, sincérité, dévouement, persuasion; je me croyais digne enfin d'appeler celle-ci ma sœur et celle-là ma femme! Et voilà que, sur un soupçon que je devine et que vous regretterez, ma pauvre mère, vous^

avez tout brisé I [n tombe sur le canapé.) ^ DIANE.

Tout brisé ! Non, rien, voyez, (sue embrasse CaroUne.) LE DUC, se relevant arec impétuosité.

Ah î que je vous aimerai, vous !

URBAIN, au duc.

Mais elle, enfin, qu'a-t-elle donc fait pour qu'on ose lui infliger la torture d'une pareille enquête?

LE DUC, avec force.

Ce qu'elle a fait? Elle a passé la nuit ici à te veiller, aprè» ravoir trouvé là^ blessé, évanoui,, mourant, tandis que moi,.

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