‹ The Marquis de Villemer (volume 2)Chapitre 112 sur 113 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

éperdu, j'allais chercher des secours que jo n'ai pas trouvés, et qui n'eussent pas valu les siens l Si ma parole ne vous suffit pas, ma mère, interrogez cet honnête homme qui est là (montrant werre) et qui a le droit d'y être I

LA MARQUISE

Ah ! qu'ai -je fait !

LE DUC

Vous avez cru à la délation d'une personne...

LA MARQUISE

Elle croyait dire la vérité.- (s'avançant.) Mademoiselle de Saint- Geneix, je n'ai jamais douté de votre honneur!

Pardonnez-moi, madame, vous avez douté de ma droiture.

LA MARQUISE

La réparation que j'ai à vous offrir...

CAROLINE

Je n'en puis accepter aucune I

LA MARQUISE

Caroline, voilà une parole cruelle ! (Eiie tombe sur le canapé.;

CAROLINE

C'est qu'on a été cruel aussi envers moi , madame la marquise. Je sais que les malheureux ont mauvaise grâce à se plaindre. II y en a tant qui manquent de courage et de fierté, c'est tant pis pour ceux qui n'en manquent pas : tous doivent être soupçonnés. Quel était mon crime, à moi ? Je suis ici pour travailler, et je travaille; je ne me mêle de rien que de faire mon devoir, sans jamais me plaindre de mon sort. Je ne recherche l'amitié et la confianciD de personne. On veut malgré moi me deviner, me connaître, lire dans mon cœur, le troubler, le déchirerj le sommer de se rendre! et, quand on croit avoir vaincu ma fierté, on me fait comparaître devant un tribunal, on m'interroge, on m'interprète, on scrute les pensées qu'on m'attribue,

et Ton me jette à la tète de celui dont on me suppose éprise l et cela, parce qu'on ne daigne pas supposer que je puisse avoir un service à rendre en secret, un devoir à remplir, un chagrin à épargner 1 (Fondant en larmes.) C'était pourtant bien simple à se dire. Ah ! gardez vos réparations et rendez-moi ma liberté. Je ne demande pas que Ton me dédommage et que Ton me console ; je demande que Ton m'oublie.

Ahl si votre orgueil est légitime, il est impitoyable... Je le disais bien, qu'on ne pouvait pas m'aimer. (u s'appoie derrière sa mère,

sur le dos du canapé.)

CAROLINE

Mon Dieu I

LA MARQUISE

Mademoiselle de SainUGeneix, vous avez raison contre moi; j'ai oublié que le malheur, noblement accepté, est le premier des titres au respect. Ne me pardonnez donc pas. Mais voyez le désespoir de mon fils, et soyez grande! Sacrifiez-lui votre fierté I... Voyons, Urbain, ellç veut que je me mette à genoux? Aidez-moi, mon fils! (Eiie se lère.)

CAROLINE, virement.

NonI

LE DUC, A sa mère.

Oh! ma mère, pas cela; vous ne la connaissez pas.

LA MARQUISE

Caroline! ma fille, je t'en prie. (EUe retombe sur le canapé.) CAROLINE, tombant à ses pieds.

Oh! ma mère!

URBAIN

Oh I mon Dieu !

LA MARQUISE, tenant Caroline dans ses bras.

Dis-moi que tu l'aimes!

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