‹ The Marquis de Villemer (volume 2)Chapitre 32 sur 113 · CAROLINE, LA MARQUISE, URBAIN · texte numérisé non relu

CAROLINE, LA MARQUISE, URBAIN

Vrbain est assis près de la cheminée et regarde Caroline, qui est assise près du guéridon, devant an journal qu'elle vient de lire. — La marquise est assise de l'autre côté du guéridon, près de la cheminée.

LA MARQUISE, préoccupée.

Àhl mon Dieu! déjà huit jours passés depuis le dimanche de ia Pentecôte I

URBAIN

Qu'est-ce que ça vous fait, chère maman?

LA MARQUISE

Rien... Caroline, avez-vous fait demander des nouvelles de madame de Dunières, ce malin?

CAROLINE

Oui, madame la marquise; son médecin lui défend encore de isortir, mais elle va très-bien.

Vous auriez dû y aller, mon ûlsl

URBAIN

J'ai porté ma carte avant-hier; elle ne recevait pas.

LA MARQUISE, à Caroline.

Serrez ces journaux, ma chère, ils sont ennuyeux.

CAROLINE, se levant et portant les journaux au fond .

Vous lirai-je au Ire chose?

LA MARQUISE

Non, vous avez lu une grande heure.

CAROLINE

Je ne suis pas fatiguée.

URBAIN

Si vous Tétiez, mademoiselle, ma mère peut disposer de moi toute la matinée. '

LA MARQUISE

Encore aujourd'hui? Vous me gâtez, mon cher enfant! Alors, causons, (caroune revient s'asseoir.) J'aime bien mioux ça. Savez-vous que, depuis un mois, depuis que cette bonne Caroline est ici, je vous dois à tous deux des matinées charmantes? Elle lit si bien ! et puis, quand vous causez, ça me ranime en même temps que ça me repose. Vous avez tant de savoir et d'idées l'un et l'autre, que je ne pense plus à avoir de l'esprit; vous m'avez appris à écouter, et c'est quelquefois bien bon !

CAROLINE

Cest ce que je me dis quand vous parlez avec M. de Villemer.

URBAIN, passant derrière le gruéridon, au milieu.

Et c'est ce que je me dis aussi, quand ma mère parle avec vous, mademoiselle de Saint-Geneix.

LA MARQUISE

Alors, nous voilà très-contents de nous trois I Mais le meilleur, c'est que nous pensons tout de bon ce que nous disons en riant: comme c'est rare en ce monde! Caroline, vous m'avez tenu parole; vous êtes parfaite pour moi, dévouée sans vous faire valoir, gaie sans être bruyante, active sans être tracassière, et surtout vous avez l'air do ne jamais vous ennuyer avec moi.

CAROLINE

Est-ce qu'on s'ennuie d'être heureux ?

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