‹ The Marquis de Villemer (volume 2)Chapitre 60 sur 113 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

LE DUC

Belle demande ! comme si je ne savais pas que c'est pour les vendre !

Mais non !

LE DUC

Mais sil C'est une liquidation générale, complète! Un de ces jours, tu vendras ton château, le seul luxe que tu puisses encore offrir à notre mère I

URBAIN

Ma mère est comme toi, elle n'aime pas la campagne.

LE DUC

Mais tu Taimes, toil mademoiselle de Saint-Geneix l'aime aussi, et je l'aime avec vous trois. Tout ça, à cause de moi ! C'est affreux d'assister à ce désastre dont je suis la cause!

URBAIN

Tu es fou ! tu es dans tes humeurs noires. Monte donc à cheval, ça te distraira.

LE DUC

Je n'ai plus de chevaux.

URBAIN

C'est vrai, tu les as prêtés à Defresnes.

LE DUC

Je les ai vendus.

URBAIN

Pourquoi donc ça ?

LE DUC

Parbleu 1 parce que tu vends tes livres.

Eh bien... prenons-en notre parti. Faisons chacun notre petit sacrifice et rions-en ! Ma mère est calme; mademoiselle de Saint- Geneix se résigne à être son factotum ; moi , j'ai un surcroît d'occupations, cela m'est bon ; toi...

LE DUC

Oui, moi, je vous regarderai, quand je devrais vous épargner de la peine ! Voyons, donnez-moi quelque chose à faire. (Caroline

remonte au fond èi gauche. — Urbain se jette sur le canapé.) Mademoiselle

de Saint-Geneix, employez-moi donc, (u remonte près d'elle.)

CAROLINE

Voulez-vous me dire si lédition du dictionnaire de Bayle est complète ? Là ! sur le sixième rayon du haut^ comptez les volumes.

LE DUC, montant sur une chaise.

C'est bien haut, ça doit être complet, (n compte.) Vingt-trois volumes I (n descend.) Hein I je ne suis pas long, moi ?

CAROLINE, riant.

Oh I c'est trop complet !

LE DUC, remontant sur sa chaise.

Tiens, c'est vrai, il n'y en a que seize. J'ai compté deux ouvrages pour un. C'est la faute de la reliure, (ii descend.) Joli début!... Et puis?...

URBAIN

Inutile ! reste donc tranquille.

Je ne suis bon à rien, alors ?

CAROLINE

Si fait. Vous êtes chargé, vous, de rendre votre mère gaie, de la maintenir courageuse, et, comme cela se reflète sur tout le monde, c'est donc très-bon et très-utile.

LE DUC

Parlez, parlez encore...

CAROLINE, s'asseyant au bureau.

C'est tout.

LE DUC

C'est dommage I vous êtes joliment bonne, vous, quand vous voulez! (Allant près d'Urbain.) N'ost-ce pas qu'elle sait dire des

choses... Et comme elle est jolie ! (CaroUoe se lève et remonte.)

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