ACTE TROISIÈME
URBAIN
Tu rêves! elle n*est pas jolie !
LE DUC
Tu as raison ; elle est belle ! Quelle physionomie , quel charme I et cet air de candeur intelligente... Ah! c'est une, femme délicieuse !
URBAIN
Plus bas, donc !
LE DUC
Ah! bien, oui! elle n'entend rien; elle ne comprendrait pas, d'ailleurs! Elle n'a pas un grain de coquetterie; c'est la seule femme comme ça I
URBAIN
Tu as dit ça de tant d'autres!
CAROLINE , à gauche.
J'ai réservé les Raffet pour madame la marquise.
URBAIN
Non, ma mère préfère les dessins que lui fait mon frère.
CAROLINE, ingénument.
Vraiment ?
LE DUC
Vraiment ! Alors, ma mère ne s'y connaît pas ?
CAROLINE
Je n'ai pas dit cela, monsieur le duc.
LE DUC
Est-ce que vous les avez vus, mes dessins? (n tb en prendre un
dans un portefeuille placé sur le guéridon à droite/) CAROLINE.
Je ne me suis pas permis de les regarder.
LE DUC, le lui montrant.
Celui-ci.
CAROLINE
Un paysage! C'est très-gontil.
88 LE MAROUIS.de VILLEMEP.
LE DUC
Vous trouvez ?
CAROLINE
Oui ; mais vous auriez dû y mettre un petit batrau.
LE DUC
OÙ donc ?
CAROLINE
Là, sur la rivière qui fuit au milieu des arbn s.
LE DUC
Ce n'est pas une rivière, c'est une allée.
CAROLINE
C'est dommage ; ça a bien l'air d'une rivière.
LE DUC
Ah! (En reportant son dessin.) Mais j'en ai d'autres avec des bateaux. (Caroline s'éloigne à gauche.) VoUS n'en VOUlcz paS?... H'eSt
jugél... (A Urbain.) Vas-tu cnûn à Dunières, ce soir? Tu as encore un cheval, toi!
URBAIN, se levant.
II est boiteux, (n passe au milieu.)
LE DUC
C'est de ne rien faire.
URBAIN
Prends-le, et vas-y à ma place. (Caroline va fermer la porte à droite.)
LE DUC
Encore? Si je rends toujours les visites que tu dois, ça ne fera^pas marcher... Je ne comprends pas ton indécision devant le mariage. •
URBAIN
Je croyais que tu la partageais, pruisque... (ii s'éloigne à gauche.)
LE DUC
Moi? Ça dépend, je suis capable de tout, même de me marier