‹ The Marquis de Villemer (volume 2)Chapitre 91 sur 113 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

CAROLINE, URBAIN

CAROLINE, venant par la galerie.

Eh bien, monsieur le marquis, votre déjeuner?...

URBAIN

Et vous, vous ne songez donc pas à vous reposer?

CART)LINE

Pour une nuit de veille bien tranquille? Ce n'est rien pour moi, cela, monsieur le marquis. J'en ai passé bien d'autres!

URBAIN

Alors, vous ne voulez pas que je vous remercie?...

CAROLINE

Me remercier de quoi?

URBAIN

De ce que vous eussiez fait pour tout autre, pour le premier venu, je le sais. Vous êtes charitable; mais, moi...

CAROLINE

Pierre vous attend pour vous servir... (EUe veut sortir.)

URBAIN

Mademoiselle de Saint-Geneix, restez, je vous en prie! J'ai des choses sérieuses à vous dire!

CAROLINE, descendant en scène.

Alors, donnez-moi vos ordres, monsieur le marquis. .

URBAIN

Ne me parlez pas ainsi, vous me faites beaucoup de mal. J'ai été, depuis quelque temps, très-brusque, presque impoli, peut-être même amer et Blessant avec vous.

CAROLINE

Je ne m'en suis pas aperçue, monsieur te marquis.

URBAIN

C'esl-à-dire que vous ne voulez pas me pardonner.

CAROLINE

Ou que je n'ai rien pris pour moi de vos brusqueries.

URBAIN

J'ai été bien ingrat; car je vous devais les seules heures vraiment douces que j'eusse rencontrées dans ma triste vie. Cette intimité de Paris auprès de ma mère était pure et charmante; vous me donniez une âme nouvelle, car vous faisiez naître en moi un sentiment nouveau, la confiance en moi-même. Nous nous entretenions des choses les plus élevées et les plus saines pour l'esprit, et la droiture du vôtre éclairait le mien. Il m'était bien impossible de ne pas éprouver pour vous, qui me faisiez . vivre tout entier pour la première fois, une profonde reconnaissance, une respectueuse et tendre amitié. Depuis, mon état

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