ACTE QUATRIÈME
maladif quo je cachais et qui s* est, hier, trahi devant vous, m'a privé de toute expansion. Votre pitié m*a pardonné mon malheur; mais, ce pardon, accordez-le-moi tout haut. Ne laissez pas sur ma conscience, déjà bien assez troublée, le remords d'avoir froissé un cœur aussi généreux que le vôtre , et peut-être méconnu un caractère dont la grandeur m'écrase... Je suis trèscoupable envers vous... Laissez-moi m'accuser et vous offrir la réparation qne je vous dois!
CAROLINE, passant à droite.
Je ne veux pas que vous vous accusiez, monsieur le marquis; si vous m'avez quelquefois mal jugée, je ne veux pas le savoir. Tout cela n'est pas si grave, et je me suis dit, à l'occasion, tout ce que je devais me dire pour m'en consoler.
URBAIN
Vous vous êtes dit...?
CAROLINE
Que j'étais au milieu de vous, ici, une étrangère à qui l'on avait bien voulu escompter l'estime et la confiance qu'elle saura ' justifier avec le temps. ^
URBAIN
Vous!... une étrangère ici!... Vous qui...
CAROLINE
Une bonne infirmière si voiis voulez, et qui est encore votre obligée , puisque vous avez été un bon malade, beaucoup trop
reconnaissant, (sue se dirige vers le fond.)
URBAIN, éperdu.
Caroline, écoutez-moi, il le faut!
CAROLINE, arec effort.
Non, il vous faut du calme, et à moi... puisque vous l'exigez... il faut du repos, (sue remonte à gauche.) LE DUC, en dehors.
Urbain! Urbain!
i34 LE MARQUIS DE VILLEMIiR.