‹ The Ontario high school French reader [microform]Chapitre 12 sur 35 · II · texte numérisé non relu

II

Lorsque la porte s’ouvrit devant le clown, Jacques Legrand cria joyeusement à son fils:

— François, sois content, gamin! Tiens, le voilà, Boum-

Boum !

Et l'enfant eut sur le visage un éclair de joie. Il se souleva sur le bras de sa mère et tourna la tête vers les

deux hommes qui venaient, chercha un moment, à côté de

son père, quel était ce monsieur en redingote, dont la bonne figure gaie lui souriait, et qu'il ne connaissait pas, et quand on lui dit: “(C’est Boum-Boum !” il laissa retomber lentement, tristement son front sur l’oreiller et rSta encore, les veux fixes, ses beaux grands yeux bleus qui regardaient au delà des murailles de Ja petite chambre

et cherchaient toujours les paillons et le papillon de Boum- Boum, comme un amoureux qui poursuit son rôve...

— Non, répondit l'enfant de SA VOIX [ui n'était plus sèche, mais désolée, non, ce n’est pas Boum-Boum.

Le clown, debout près du petit lit, laissait tomber sur le visage du petit malade un regard profond, très grave, et d’une douceur infinie.

Il hocha la tête. regarda le père anxieux, la mère écrasée, dit en souriant: “J]a raison, ce n’est ]

Et il partit.

as Boum-Boum !”

-Je ne le verrai pas, je üe k -errai pius, Boum Boum !

répétait maintenant l'enfant. dont lu petite voix parlait aux anges. Boum-Boum est peut-être là-bas, là-bas, où petit Francois ira bientôt.

Et tout à coup—ii n’y avait pas une demi-heure que le clown avait disparu—brusquement la porte se rouvrit comme tout à Fheure, et, dans son maillot noir pailleté, la houpette jaune sur le crâne, le papillon d’or sur la poitrine et dans le dos, un large sourire ouvrant comme une bouche de tirelire, sa bonne figure enfarinée, Boum-Boum,

iit

D Le]

SUIS, DOuIH-DOUM parut.

Et sur son petit lit blane, une joie de vie dans les yeux, riant, pleurant, heureux, sauvé, l'enfant frappa de ses maigres petites mains, cria bravo et dit, avec sa gaîté de sept ans, qui partit tout à coup, allumée comme une fusée :

—Boum-Boum'! C’est lui, cest lui, cette fois! Voilà Boum-Boum! Vive Boum-Boum! Bonjour, Boum-Boum.

Quand le docteur revint, ce jour-là, il trouva, assis au chevet du petit François, un clown à face blême, qui faisait rire encore et toujours rire le petit, et qui lui disait, en remuant un morceau de sucre au fond d’une tasse de tisane :

—Tu sais, si tu ne bois pas, petit François, Boum-Boum ne reviendra plus.

Et l'enfant buvait.

— N'est-ce pas que c’est bon?

—Très bon! merci, Boum-Boum !

Docteur, dit le clown au médecin, ne soyez pas jaloux. Il me semble pourtant que mes grimaces lui font autant de bien que vos ordonnances !

Le père et la mère rleuraient; mais, cette fois c'était de joie.

Et jusqu’à ce que le petit François fût sur pied, une voiture s’arrêta tous les jours devant le logis d’ouvrier de la rue des Abbesses, à Montmartre, et un homme en descendit, enveloppé dans un paletot, le collet relevé, et, dessous costumé comme pour le cirque, avec un gai visage enfariné.

— Qu'est-ce que je vous dois, monsieur ? dit à la fin Jacques Legrand au maître clown, lorsque Penfant fit sa première sortie, ear enfin je vous dois quelque chose !

Le clown tendit aux parents ses deux larges mains d'Horeulo doux

—Une poignée de main! dit-il.

34 HIGH SCHOOL FRENCH READER Puis, posant deux gros baisers sur les joues redevenues roses de l’enfant :

— Et, dit-il en riant, la permission de mettre sur mes Cartes de visite :

BOUM-RBOUM

Docteur acrobate, médecin ordinaire du petit François!

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