‹ The pariah dans l'humanitéChapitre 24 sur 57 · DES SUJETS · texte numérisé non relu

DES SUJETS

I er PADYA

« Les ministres doivent employer tous leurs soins à bien seconder le roi dans ses projets, à assurer le succès de ceux qu'il est convenu d'exécuter, en employant pour cçla les meilleurs moyens et renversant tous les obstacles.

« Que celui qui n'aime pas le roi, et n'est pas décidé à sacrifier ses biens, sa personne, sa famille au bien de l'État et pour la gloire de son maître, n'accepte pas les délicates fonctions de ministre.

« Que celui qui n'est pas décidé à consacrer tout son temps, toute son intelligence à l'accomplissement de ses devoirs qui ont pour but l'obéissance au roi, le bonheur des peuples et la pratique de la justice, n'accepte pas les délicates fonctions de mi* nistre.

« Que celui qui n'est pas décidé à aimer la vérité plus que la vie et à la faire entendre en tout lieu au roi, quand bien même elle devrait lui déplaire, n'accepte pas les fonctions de ministre.

« Que celui qui a une nombreuse famille, dans un état voisin de la pauvreté, n'accepte pas les fonctions de ministre ; qui donc peut répondre qu'il ne commettra rien de blâmable et n'abusera pas de ses fonctions pour enrichir ses parents ?

« Un ministre doit savoir allier la fermeté et l'énergie à la modération, il doit aimer les hommes, car ceux qui les méprisent ne sont pas capables de gouverner.

« Il faut qu'il croie au bien, ait le culte de la vertu et de la justice, car celui qui ne croit pas au bien devient facile sur les moyens qu'il emploie pour réussir.

« Qu'il ait une connaissance approfondie des lois,

des affaires et des hommes, puisque ce sont les trois choses qu'il a la mission de bien diriger.

« Qu'il ait la parole éloquente et persuasive, car il doit agir beaucoup plus par la persuasion qui amène la conviction que par la force,

« C'est ainsi qu'il peut ramener au roi ses propres ennemis et qu'il lui conserve ses amis.

« Qu'il connaisse parfaitement le caractère du roi, soit familier avec ses vertus et ses défauts, afin qu'il connaisse les moyens de le persuader.

« Qu'il n'hésite jamais, quand son devoir le lui commande, à résister au roi, qu'il lui fasse apercevoir les difficultés de ce qu'il ordonne de faire, et ne cède jamais par faiblesse, flatterie, affection, ou envie de garder sa place.

« Il vaut mieux qu'un roi ait des milliers d'ennemis à combattre qu'un ministre faible ou complai-

II e PADYA

« De toutes les qualités énumérées, celle que les sages ont reconnue la plus essentielle à un bon ministre est la facilité d'élocution.

« C'est par la parole que le ministre, dans les conseils, parvient à faire approuver les bonnes choses et repousser les mauvaises.

« Qu'il ne parle jamais que pour le triomphe de la justice et de la vérité, et que ses actes gagnent à la cause de son maître ses ennemis les plus acharnés.

« Chaque fois qu'il prend la parole, qu'il s'exprime avec convenance et observe, en s'adressant à chacun, le rang et la position.

« Qu'il ne soit ni orgueilleux ni insolent dans ses discours ; l'orgueil éloigne de vous tous les cœurs,

de même que le voyageur redoute de s'endormir sous l'ombragé frais et humide du tamarinier.

• « Qu'il ne fasse jamais une proposition qu'il n'a pas mûrement étudiée, et quand il n'est pas sûr qu'on ne pourra relever contre lui aucune erreur.

« Qu'il s'attache à gagner tous ceux qui l'écoutent, par des raisons solides et irréfutables et des motifs puisés seulement dans le bien de l'État.

« Qu'il fuie l'emphase, la prolixité ; celui qui parle trop abondamment est rarement un homme d'un jugement sain et de bon conseil.

« Être éloquent avec conviction, persuasif mais sobre de développements inutiles, élégant mais en marchant rapidement au but, sont des qualités de parade et de caractère qu'un ministre ne saurait trop s'attacher à conquérir.

« Celui qui parle toujours et sur tout, en écoutant son discours comme une musique, ressemble à, une fleur brillante mais sans parfums, à un manguier couvert de branches et de feuilles, mais qui ne porte pas de fruits. »

III e PADYA

« Un bon ministre, non-seulement procure à son roi tous les avantages qu'il peut ambitionner en ce monde, mais encore il lui assure une récompense signalée dans l'autre, car il aura fait régner la j ustice et la vertu dans ses États.

<c Il évite avec soin tous les actes qui ne peuvent contribuer à sa gloire et au bien-être de ses sujets.

« Il veille à ce que la trahison ne se glisse ni dans les rangs de l'ennemi ni parmi les fonctionnaires.

« Il poursuit à outrance la corruption et frappe les coupables, quel que soit le rang qu'ils occupent, et quand bien même ils seraient parents du roi,

« Sous un prince juste et éclairé, lorsque les peuples voient un ministre intègre ne pas craindre de forcer les parents du souverain à respecter la justice,

ils se livrent avec ardeur aux occupations et aux travaux qui font la richesse de TÉtat.

« Lorsque chacun est assuré de conserver les biens qu'il amasse, le bonheur et la prospérité croissent dans le royaume , et le trésor se remplit de luimême.

« Tel on voit, à la saison des pluies, une foule de petits canaux, de ruisseaux, de torrents et de rivières -conduire leurs eaux dans les étangs qui conservent la provision pour la saison sèche.

« Les richesses ainsi acquises profitent au roi et à la nation, tandis que celles arrachées par corruption, par force ou par ruse, conduisent un roi à sa perte et anéantissent la prospérité des royaumes.

« Qui donc veut travailler et amasser, quand il n'est point assuré contre la rapacité des chefs ?

« Un bon ministre n'accomplit jamais un acte dont il peut avoir à se repentir plus tard, et c'est ainsi qu'il consolide le trône de son maitre et acquiert la réputation d'un sage. »

IV e PADYA

« Les principales qualités que doit avoir un ministre chargé de commander à la guerre, sont : la sûreté du coup d'oeil et de la conception, la rapidité qui n'exclut pas la prudence dans l'exécution, l'énergie et le courage.

« Il ne doit jamais concevoir aucune entreprise téméraire, mais, quoiqu'il tente, dès que la chose est résolue, qu'il n'hésite et ne recule jamais.

« Qu'il ne laisse jamais surprendre ses desseins par l'ennemi, le secret des opérations est la condition inséparable de la réussite.

« Qu'il ne s'avance jamais en pays ennemi sans se faire précéder d'une nuée de. maraudeurs apparents, mais parfaitement disciplinés, qui chaque jour lui envoient des rapports sur les forces et la marche des armées opposées.

« C'est une grande qualité que celle de savoir commander, mais plus grande encore est celle de savoir se faire obéir.

« Le général doit toujours avoir l'œil ouvert sur ses troupes, il faut qu'il suive chaque ordre qu'il a donné, pour s'assurer de l'exécution, et frappe sans pitié sur la négligence ou l'oubli.

« Quand un insuccès l'atteint, on ne dit pas : ce sont les soldats, mais bien : c'est le général qui a perdu la bataille, puisqu'il a toute la responsabilité, il ne doit pas souffrir qu'on transgresse le plus petit de ses commandements.

« Qu'il soit aussi habile dans la retraite que dans l'attaque ; il y a des hommes de guerre qui ont acquis une gloire immortelle, pour, s'être montrés plus

grands dans les revers que dans le succès.

« C'est dans la mauvaise fortune que Ton reconnaît les caractères vigoureusement trempés, et tel voit souvent revenir la victoire qui n'a jamais désespéré, ni de ses soldats ni de lui-même.

« Le meilleur moyen d'inspirer la confiance à son armée, c'est qu'un général ait d'abord confiance en lui. »

T* PAfrYÀ

« II est une chose plus brillante que le diamant, plus pure que l'or, et plus précieuse que les

perles,

« Une chose plus rare que le lotus rose, plus

belle que le lys blanc, symbole de la vertu,

« Une chose plus grande que le vaste Océan, plus merveilleuse que le ciel parsemé d'étoiles,

« Cette chose 1 c'est un bon ministre. Heureux le roi qui peut en trouver un, rien ne doit égaler sa joie, car c'est un signe qu'il est aimé des dieux. »

VI* PADYA

« Que la roi choisisse ses ambassadeurs parmi les gens de naissance illustre, et qui sont aptes à bien le représenter chez ses voisins.

« L'ambassadeur doit aimer son pays, son roi, être depuis longtemps rompu à toutes les affaires du royaume , persuasif et réservé en même temps dans son langage.

« II doit avoir pendant longtemps travaillé avec les ministres, connaître leurs desseins, posséder les secrets de l'État, car c'est lui qui souvent par sa conduite décidera de la paix ou de la guerre, dans les difficultés qui peuvent s'élever entre son souverain et celui près duquel il est envoyé.

« Qu'il ait l'intelligence vive, l'esprit insinuant, et

qu'on ne puisse jamais rien lire de ses sentiments sur son visage.

« Qu'il soit simple, concis, lorsqu'il a des observations à présenter, et, s'il a des plaintes à formuler, qu'il ne le fasse qu'avec un langage conciliant et sans blesser les susceptibilités de ceux qui l'écoutent.

« Qu'il soit calme et impassible devant la colère ou la menace, et, avant de dire un mot qui peut engager toute la puissance de son maître, et causer les plus grands malheurs, qu'il donne le temps à son interlocuteur de reconnaître ses torts.

« Qu'il ait des mœurs pures ; il faut qu'il impose le respect à la foule des courtisans, qu'il soit intègre, car il ne faut pas que la pensée vienne qu'il

est capable de se laisser acheter.

■ « L'ambassadeur, qui en toute occasion est chargé

de parler au nom de son roi auprès des autres souverains, doit veiller avec le plus grand soin à ce que

ses paroles ne soient jamais désavouées.

« Qu'il n'hésite jamais, lorsque les circonstances l'exigent, à tenir un langage énergique et ferme, et qu'il n'oublie jamais qu'en lui réside le salut du royaume et la majesté royale. »

VII e PADYA

« L'ambassadeur, dans la cour où il est accrédité, ne doit ni se tenir trop à l'écart, ni trop se prodiguer,

« Qu'il ne cherche pas à dépasser les limites des honneurs que les habitudes lui accordent, c'est le moyen d'obtenir des rois plus qu'il ne lui est dû.

« Il doit s'attacher à gagner la confiance du souverain auprès de qui il est envoyé; par ce moyen, il rendra sa mission plus facile à remplir.

« Qu'il ait l'air enjoué et facile, 'par ce moyen, il surprendra plus de secrets utiles qu'avec un visage sévère.

« Qu'il soit bien au courant des habitudes du roi, qu'il étudie son caractère, et choisisse les moments favorables pour l'entretenir des choses dont il est chargé de lui donner connaissance.

« Qu'il l'aborde plutôt dans ses moments de bonne humeur; en toute occasion la joie est un trait d'union et un moyen d'aplanir bien des difficultés.

« Mais qu'il ne s'abaisse jamais à entretenir le roi de choses plaisantes ou futiles, qu'il laisse ce rôle aux courtisans et aux favoris. Un roi n'éprouve guère d'estime pour les gens qui l'amusent.

« Qu'il soit toujours en éveil pour apprendre les choses qui peuvent intéresser son maître, et découvrir les complots «qui peuvent se tramer ccmtre lui.

« Qu'il soit habile à nouer des alliances', et par des rapports journaliers il tienne son s<zxuverain au courant de tout ce qui est de nature à intéresser le bien de l'État et la gloire de son nom.

« Qu'il se ménage des intelligences dans l'intérieur du palais, newi dans un but de ou ri o si té, mais parce qu'il est de la nature de son emploi d'être avisé immédiatement de tout ce qui pourrait nuire à son pays.

« Que, dans toutes les circonstances, il ne s'inquiète jamais de son intérêt personnel, ait toujours en vue le bien de l'État, et ainsi il contribuera «pour une large part à la paix et à la prospérité de son pays. »

LES DEVOIRS» m

VHP PJJDYA

. « La prospérité d'un État dépend delà richesse de son agriculture, du développements son commerce, ^ Fxprtoamt du grand sombre {d'taniDttes iioBaièiïes et weaiteux qui l'faahÊtent.

« Quand il réunît toutes ces conditions, et' qu'A n'est exposé ni aux ouragans, ni aux inondations, m aux insectes .qoii détruisent les moissons, mm JBstat es! mu <ofoje*t d'envie pcnar les TOtems.

« Il faut qu'en temps de famine, hon-seulemen ses habitants , mais tons ceux qui visnnaentët y chercher un refuge, puissent y trouver leur sahsistaaaoe.

« 11 faut qu'en cas de guerre les sujets soient assez riches pour payer au roi, en une seule fois, le tribut qui, en temps de paix, s'acquitte par quartier.

« Il ne doit y avoir, dans un État bien gouverné,

il ne doit y avoir ni complots, ni rébellions, et les crimes doivent y être rares.

« Il faut, quels que soient les fléaux qui l'atteignent, qu'il puisse réparer ses pertes à l'aide de ses propres forces.

« De nombreux étangs, de grands lacs qui contiennent les réserves d'eau pour la saison sèche, des plaines fertiles pour la culture, des coteaux boisés, couverts de fruits, de nombreuses villes et bourgades, de grands fleuves, et des citadelles bien situées pour la défendre, constituent un État prospère.

« Le roi et ses ministres doivent s'occuper avant tout de la salubrité publique, de garantir à chacun la paisible jouissance de ce qui lui appartient, et de le protéger contre les invasions.

« Il faut que dans cet État bien gouverné tout le monde puisse vivre aisément, sans être astreint à des travaux trop pénibles.

« Il faut que le roi aime ses sujets, et qu'il soit chéri et respecté d'eux ; un État est puissant et prospère lorsque gouvernants et gouvernés peuvent compter les uns sur les autres. »

JXe PADYA

« 11 est impossible de rien faire en ce monde â un roi qui ne possède pas un trésor bien fourni. L'or donne les moyens de soutenir la puissance, mais ce métal n'élèvera pas ceux qui ne possèdent ni la science ni la vertu.

« Un monarque pauvre est toujours sur le point de voir envahir ses États, un souverain riche est respecté de ses voisins.

« En même temps que les richesses augmentent le prestige d'un roi, elles arrêtent les complots de ses ennemis, car on sait qu'il possède de grandes ressources pour la guerre.

« Mais que le roi, dont le trésor regorge de biens, emploie une partie de ses richesses à soulager ses sujets quand ils sont dans le besoin ; employées ainsi

les richesses procurent à un roi la gloire la plus pure qu'il puisse ambitionner.

« Le trésor du roi s'alimente par ses propres biens , par ceux qu'il acquiert par succession , par les dons que lui font volontairement ses sujets, et par le juste tribut qu'il prélève chaque année.

« 'Qu'un roi ne cherche pas une autre source de revenus, qu'il ne pressure pas ses sujets pour leur faire payer des sommes supérieures à ceux qu'ils doivent, il ne récolterait que la Raine publique,

« L'affection que les sujets ont pour leur roi y s'en*» vole comme une feuille chassée par le veut, quand ils ne sont pas traités avec bonté, et que de nouveaux impôts sont sans cesse établis pour satisfaire aux prodigalités du roi.

« Que le roi n'afferme jamais l'impôt à des traitants, car Tor qu'il recevrait ainsi serait souillé des larmes de ses sujets.

« Que le roi amasse donc des trésors, il en a besoin pour faire le bien et repousser ses ennemis,, mais qu'il se souvienne qu'il vaudrait mieux être pauvre avec Fameur de ses sujets que riche aTec leur haine, w

X e PADYA

« Un des soins les plus importants d'an roi doit être de se faire une armée aguerrie, bien aormée^ bien disciplinée et dont il soit sûr dans la défaite comme dans la victoire.

c Qu'il se; souvienne bien. que- les vieilles troupe» seules ne se laissent jamais influencer par le nombre et dama tous les cas. opposent à l'ennemi une résisr tance invincible.

« Que font les arbrisseaux sur le passage des flots en courroux on les gerbes de paille devant Fouragan, ils saint emportés par la tourmente,, de vieux arbres résistent, et se- laissent briser plutôt que de céder.

« Il faut qu'une armée ne recule jamais et même

devant la certitude de la défaite, qu'elle préfère la mort à la fuite,

« II faut quatre choses pour constituer une bonne armée, des soldats courageux, des vétérans pour donner l'exemple, l'émulation et l'amour du pays, une obéissance absolue aux chefs.

« Une armée doit . être bien exercée sur deux points, premièrement à soutenir l'attaque de la cavalerie et secondement à prendre l'offensive.

« Une armée qui n'est point assez nombreuse pour se porter en avant, doit être établie si solidement dans des positions imprenables, que l'ennemi désespère de l'en chasser.

« Trois choses sont nécessaires à une armée pour vaincre, il faut qu'elle ne soit pas entamée parla désertion, par l'abondance ou par la disette ; le soldat qui voit fuir ses camarades est à demi vaincu, la mollesse énerve, les privations lui ôtent la gaieté et la force.

« Mais c'estenvain qu'une armée possédera toutes les qualités requises, elle ne sera bonne à rien, si elle ne possède pas des généraux habiles et expérimentés pour la commander. »

XI* PADYA

« Les soldats de Narayanin, un jour que ce général les menait au combat, criaient aux ennemis : Ne résistez pas à notre chef si vous tenez à la vie ; ces soldats étaient invincibles parce qu'ils avaient une haute idée du courage de leur chef.

« Le courage est la grande vertu du guerrier, celui qui sans trembler abat d'un pied ferme un élé. phant dans une lutte corps à corps, est plus courageux que celui qui lui lance un trait en s'abritant dans une tour.

« Le guerrier est complet, lorsque à l'ardeur dans les combats il joint la magnanimité envers l'ennemi vaincu.

« Il est des guerriers qui, après avoir épuisé les traits de leur carquois, ont arraché de leur propre

corps, pour continuer la lutte, la lance que l'ennemi y avait enfoncée.

« Que le soldat ne s'épuise pas en cris martiaux avant de rencontrer l'ennemi, pour présenter ensuite dans l'action un visage pâli par la peur.

« Le soldat, digne» de ce nom, regarde comme inutile dans sa vie les jours de bataille où il n'a pas reçu de glorieuses blessures.

« On a vu des soldats s'attacher entre eux par une chaîne en faisant le serment de mourir plutôt que de reculer, de pareils hommes bien conduits accomplissent des merveilles.

« Celui qui reçoit la mort dams le* ooiEEbadft obtient le prix le plus élevé de soai déromerneB/t aac ïoi et à son pays, et il atteint par cette mort glorieuse le sommet de ses transmigrations sur la terre.

« Kartikeia, une épée à La main,. Lui ouvre Le séjour céleste dindra, son temps d'épreuves, est fini sur La terre. »

XIP PADYA

« C'est ainsi, par l'accord des pères de famille qui composent un Etat, dm roi, des' ministres, des ambassadeurs, des guerriers--, que 5 tout prospère et accomplît en ce monde les évoîutioiis progressives établies par les dieux,

« Réveille-toi, homme de la jungle, qui t'endors depuis des siècles dans ta condition misérable, c'est pour toi que ce livre des Devoirs a été composé par un des tiens; réveille-toi pour conquérir ta place au soleil et former une nation.

« Apprends à tes enfants à chanter ces strophes, où sont célébrés la vertu, la justice et* le courage, et un sang plus généreux circulera dans leurs veines ; réveille-toi, homme de la jungle!

« Réveille-toi, donne des ancêtres à tes fils, et que

dans mille ans et plus on célèbre ton courage et ta délivrance.

« La terre est grande,' chaque homme aie droit de la fouler, de la cultiver, d'y bâtir des villes et d'àmasser du grain pour procurer à l'aïeul une vieillesse paisible; réveille-toi, homme de la jungle.

« Réveille-toi, et tu posséderas aussi de vertes moissons, des troupeaux, et, sous ton œil ravi, les jeunes hommes libres adresseront des propos joyeux aux jeunes filles élancées.

« Réveille-toi, homme de la jungle, réveille-toi, la vie t'attend , viens la saluer en homme, et, quand tes ennemis te verront debout; ils reculeront d'épouvante, comme le bourreau qui verrait la victime se relever du bûcher pour le frapper. Réveille-toi, homme de la jungle. »

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