LES AVENTURES D ARTHUR WILSON XXIX
A Londres, Wilson coudoie la mort à tous les coins de rue. L'air était corrompu par l'odeur des cadavres ^. A Essex House, il trouve Mr. Wingfield et Sir Walter Devereux. A eux trois ils décident qu'il ne faut pas exposer une tête si chère. Ils vont chercher le comte d'Essex et le mènent à Oatlands 2. C'est là que le roi Charles s'était retiré, fuyant peut-être moins la peste que son Parlement qui devenait turbulent. Essex suivit la cour à Oxford, oij se devait continuer le i®^ août la session prorogée le 11 juillet. Comme le roi ne parvenait pas à dompter le Parlement, il s'aperçut que la peste se propageait dans la ville universitaire. La dissolution fut prononcée.
Essex et son secrétaire se rendirent alors à Tottenham Park, dans le Wiltshire, chez le comte de Hertford. Peu de temps après, Essex reçut l'ordre de joindre l'expédition contre Cadix. Le 3 octobre 1625, une flotte de cent vingt navires mit à la voile de Plymouth et cingla vers l'Espagne.
There was a fleet that went to Spain, When it got there, it came back ag-ain,
dit une chanson de l'époque. Le coup de main fut en effet ridiculement désastreux. Le général ^ était un incapable et manquait d'autorité. Wilson n'aura qu'à faire appel à ses souvenirs personnels lorsqu'il tracera le caractère de Timentes *.
Le 5 décembre, après une traversée mouvementée, la flotte était de
1 . Cf. la description de cette peste dans Wither, Britain's Remembrancer. Cant. 4.
2. Le manoir de Oatlands, dans la paroisse de Weybridge, Surrey, était une vieille résidence royale acquise par Henry VIII. Anne de Danemark y résida quelque temps. Charles I donna ce manoir à Henriette, et leur plus jeune fils Henry y vit le jour; d'où le titre de Henry of Oatlands. (Brayley, Hist, of Surrey').
3. Sir Edward Cecil, petit-fils de Burlegh. II était protégé par Buckingham. C'est à ce dernier qu'il dut d'être choisi comme chef de l'expédition et d'être, quelque peu hâtivement, élevé au titre de Viscount Wimbledon, au moment de son départ pour l'Espagne. Voir dans Gardiner, X. pp. 10, etc., le récit de ses bévues stratégiques.
Essex était vice-amiral. Il n'était guère plus expérimenté dans les choses maritimes que le généralissime. Mais sa bravoure lui tint lieu quelquefois de talent militaire. Il fit, avec son vaisseau le « Swiftsure », l'émerveillement des Espagnols.