LES AVENTURES D ARTHUR WILSOM XXXV
monde, « ses dehors adoucis et flatteurs qui nous entraînent au travers de ses calmes plaisirs ». L'exis'ience lui apparut dans l'inutilité de ses agitations, l'homme dans la laideur de ses grimaces, « raillant, cajolant, chuchotant, trahissant », dans la scélératesse de sa nature, « l'accusateur et le juge aussi coupables que l'accusé ^ ». Il ne rêva plus que retraite studieuse. Oxford lui parut être un séjour où il pourrait vivre ces rêves. Essex lui servait une pension 2 ; elle suffisait à ses besoins. Il se retira à Trinity College ^.
Il se voua tout d'abord à une sorte d'ascétisme mitigé. Il fréquenta 1631 assidûment la chapelle et le collège ^. Il se plia docilement à la discipline de l'Université. Et la passion des livres le tenait : ce sont de vrais amis et des miroirs fidèles. Ils « dépouillent l'âme » et « découvrent les humeurs diverses, les passions, les misères ^ » de notre faible humanité.
Il étudia d'abord les mathématiques, sciences fort précieuses. Mais Wilson s'aperçut bientôt qu'elles sont plus profitables dans la partie mécanique que dans la spéculative. Et il les négligea.
La théologie l'attira quelque temps. C'est la « reine des arts ». Des amis le sollicitaient aussi à en goûter les douceurs. Leur exemple était irrésistible. Mais sa timidité et sa modestie lui criaient qu'il était mieux fait pour recevoir que pour propager la sainte parole. Malgré