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LES AVENTURES D ARTHUR WILSON XXXIX

perfidie de la femme — semble avoir servi de dérivatif au ressentiment de Wilson contre Lady Essex. Dans ce cas, il est assez naturel de placer la composition de cette pièce à un moment où la bile de Wilson était encore échauffée. The Inconstant Lady parut peut-être sur la scène avant The Swisser.

Nous verrons plus tard ^ que ces pièces ont une apparence de drames historiques, mais qu'en réalité Wilson n'a pas la moindre prétention à l'exactitude. Rarement auteur dramatique manifesta moins de respect à l'égard de la vérité historique. Cette désinvolture est d'autant plus étrange qu'à ce moment même Wilson faisait œuvre d'historien. Bathurst a rapporté que Wilson « composa une partie de V Histoire de la Grande-Bretagne 2 pendant son séjour à Trinity College ». Cela n'est pas tout à fait exact. L'auteur a dit dans le « Proème « du livre : « Ces faits, tels des simples, ont été cueillis à mesure qu'ils poussaient dans le jardin des événements... et pendant plus de trente ans avant que les ingrédients n'en aient été mélangés ». Kennett affirme d'autre part ^ que le comte d'Essex donna à Wilson l'idée d'écrire cette Histoire et que l'ouvrage fut terminé aux alentours de 1652. Wilson entra au service d'Essex en 1614. Le premier événement historique auquel il se trouva directement mêlé est la campagne du Palatinat. On peut admettre cette date, 1620, comme marquant, approximativement, le moment où il commença à recueillir ses documents. Mais ces documents, il ne les aurait mis en œuvre que trente ans plus tard, c'est-à-dire en 1650. Pendant qu'il était à Oxford, Wilson n'aurait donc pas, à proprement parler, composé une partie de son histoire. Mais il est évident que Wilson — et avec ce correctif

1. P. Ixiv, Ixv et sqq. L'action de Vlucovstant Ladv se passe à la cour de Bourgogne.

2. The History of Great Britain, 'Being The Life and Reign of King James the First, relating what passed from his first Access to the Crown, till his Death. 'By Arthur JVilson, esq. London, Printed for Richard Lownds, and are to he sold at the Signe of the White Lion near Saint Paul's little 'Njorth-Door. i6^j.

5. A Complete History of England, II. (Note au début de la réimpression de VHistoire de Wilson).

Xl INTRODUCTION

le témoignage de Bathurst garde sa valeur — dut mettre à profit ses loisirs studieux pour classer et augmenter ses matériaux.

La physique, la poésie, le théâtre, l'histoire, sans compter quelques incursions dans les mathématiques et la théologie, voilà de quoi absorber l'activité humaine la plus dévorante. Wilson trouvait encore le temps de goûter à certaines distractions qui n'avaient rien d'intellectuel. Car ses projets de vie calme et retirée ne résistèrent pas longtemps à l'enveloppement des mœurs d'Oxford. Cette ville n'était pas la cité sereine entrevue par Wilson dans ses rêves et habitée seulement par des sages, dont l'unique souci était de deviser philosophie. En fait, l'Université, au moment où Wilson lui demanda asile, était tombée aux derniers degrés de l'indiscipline et de la licence i. Les pessimistes de l'époque criaient même à la perdition. En 1630, quand Laud fut élu chancelier, d'aucuns lui écrivirent que s'il n'apportait pas un remède énergique, il ne resterait pas trace de l'Université 2. Wilson se fit des amis. Il fréquentait beaucoup chez les étudiants de Saint John's College. Il y avait parmi eux de très grands savants. Us étaient aussi fort civils : ils avaient pour Wilson des attentions qui le touchaient infiniment. Bientôt il ne les quitta plus et malgré lui, nuit et jour, il partagea leurs folies. De sa vie entière il ne fut « aussi souvent transporté par le boire que pendant son court séjour à Oxford — et cela en compagnie des plus graves bacheliers es théologie ».

Wilson ne trouvait nul plaisir à ces buveries. Mais le sentiment que son cœur n'y prenait point de part ne suffisait pas à lui rendre son paradis perdu. D'autres désagréments venaient encore aviver la plaie de ses désillusions. Les partisans de Laud étaient très actifs à Oxford. Us comptaient parmi eux toute la noblesse et la foule des roturiers qui, en tous temps, plâtrent leur basse naissance sous le bon ton de leurs opinions. Les théories de Laud étant dirigées contre le presby-

1. (( That which was the most burthenous to mee in this my retirement was the debaucherie of the Universitie ». (Wilson, Autohtog.'). Cf. Wood, Annah, 11, P' i, p. 369.

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