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Wood. Annals, II, P' \, p

LES AVENTURES d'aRTHUR WILSON xH

térianisme, adopté par la majorité du populaire, il était « comme il faut » de se dire « Cantorbérien », Au nombre de ces Cantorbériens, et parmi les plus zélés, se distinguait Chillingworth. Il vivait dans le même collège que Wilson. Il était revenu tout récemment de Douai, et, par sa double abjuration, il avait acquis de la célébrité ^. Il ne manquait pas de talent. Il était aussi filleul de Laud. Bref, c'était une manière de grand homme à Trinity. Dans son regain de protestantisme, il avait composé ses croyances sur celles de son illustre parrain. Il était en conséquence grand partisan de la monarchie absolue. Chevalier de la controverse, il défendait ses opinions contre tout venant. Il trouvait en Wilson un adversaire toujours prêt à la discussion. Car notre auteur était encore sous l'influence des idées de son ancien maître. Le comte d'Essex « réclamait pour le sujet une liberté juste et naturelle; et il ne pouvait se faire à cette nouvelle manière qu'avait le clergé de s'agrandir en exaltant le roi ». Toutefois, Essex était encore fidèle à la royauté. Wilson copiait exactement cette attitude. Il hésitait entre un état de demi-révolte contre la tyrannie des Stuarts et, malgré tout, le régime monarchique gardait à ses yeux quelque prestige. Dans le Portrait de V Auteur, placé en tête de VHistoire de la Grande-Bretagne 2, Wilson a fait sa profession de foi politique. « Je ne considère pas la couronne », a-t-iî dit, « avec des yeux malveillants, et je n'ai pas cherché à abaisser la mitre. L'une et l'autre a du bon. Mais l'on dit que, lorsque la tête enfle, les autres membres dépérissent ». Wilson

1. Wilson a fait une erreur. Il a dit que Chillingworth peu après les discussions dont il est ici parlé, « fled to Douay and profest himself a Papist j>. Or Chillingworth se convertit au catholicisme en 1650 et revint à Oxford en 163 1. Wilson l'a donc connu après sa « reconversion » au protestantisme. Le mot de c< reconversion n'est pas tout à fait exact. Après son retour de Douai, Chillingworth hésita encore quelque temps entre les deux religions. Cependant il partageait les opinions des Cantorbériens. Le passage où Wilson parle de lui ne laisse aucun doute à ce sujet. Bien qu'il coure sur le compte de Chillingworth de vilaines histoires de délation, il semble qu'il ait été un homme d'une probité morale et intellectuelle indiscutable. Il a souffert de la plus noble des maladies : le besoin fiévreux et insatiable de vérité, de raison et de tolérance.

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