‹ The SwisserChapitre 45 sur 100 · RODERICK · texte numérisé non relu

RODERICK

CLODIAN S ^^° Gentlemen, relating to Theodore.

ERFORD, Friend to Theodore.

HALLADIN, a young Man, in loue with Callida.

POPIET, gent, vsher to Callida.

CALLIDA, an old painted Ladie.

FELICIA, Neece to Callida, a great heire.

CLADIA, Daughter to Callida, a louer of Halladin.

THAMIRA, Wife to Erford.

Nurse.

Seruants.

l'œuvre littéraire de WILSON Ixv

Halladin, s'était épris de Callida « une vieille femme fardée », cependant que Cladia, fille de cette même Callida, se mourait d'amour pour Halladin. Si l'auteur a mis une intention symbolique dans le nom de Callida, on peut supposer que les minauderies et les artifices de la vieille coquette avaient provoqué l'infatuation du naïf jeune homme. Une nièce de Callida, « riche héritière », et qui répondait au nom confortable de Felicia, jouait vraisemblablement un rôle dans ce chassé-croisé amoureux. Il est impossible d'imaginer la part que prenaient à l'action Roderick et Clodian, « deux gentilshommes de la suite de Theodore » ; Erford, « ami de Theodore », et Thamira, « femme d'Erford ». Une nourrice était peut-être la confidente de la dédaignée Cladia, en souvenir de Romeo and Juliet. La scène se passait en Lorraine.

Avec The Swisser, représenté à Blackfriars en 1631, l'auteur nous transporte en Lombardie. La plupart des personnages portent des noms historiques : Cleph, Authari, Arioaldus, Aripertus et Ansprandus figurent sur la liste des rois lombards dressée par Paulus Warnefridus ^. Est-il besoin de dire que ces monarques, dont les règnes furent répartis sur une période de cent trente-sept ans, n'ont pas conservé dans la pièce de Wilson leur véritable caractère historique? En

I. Paitli JVarnefridi Diaconi 'De Gestis Langohardorum Lihri VI. C'est là, et là seulement, que Wilson pouvait trouver les renseignements les plus complets sur l'histoire des Lombards. Mais il a pu avoir aussi sous les yeux The Historye of Italye, par William Thomas. Dans le chapitre qui a pour titre : An Abbridgemente of the state of ItaVe, from the beginninge untill the Romaine Empire was utterly dévide J, les noms des rois lombards apparaissent avec la même orthographe que dans Wilson : Arioldus, Antharis, Asprandus (au Heu de Arioaldus, Authari et Ansprandus, dans Paulus Warnefridus.) Peut-être s'est-il servi aussi d'un ouvrage contemporain et très répandu à l'époque : Microcosmos, A Little Description of the Great World, par Peter Heylyn. La première édition est de 1621 et une quatrième édition avait paru à Oxford deux ans avant la production du Swisser. Mais ces deux derniers ouvrages sont très concis et ne pouvaient en aucune manière tenir lieu du premier que Wilson a certainement consulté.

Ixvi INTRODUCTION

les rapprochant, l'auteur les a dépouillés de leur couronne et en a fait de simples courtisans d'un sixième roi des Lombards. Il espérait sans doute donner, grâce à des noms authentiques, une impression de couleur locale. C'est un moyen peu banal de créer une atmosphère historique en faussant l'histoire.

Toute différente est la manière dont Wilson a traité le protagoniste de la pièce. Celui que la liste des « Dramatis Personge » appelle vaguement le « Roi des Lombards » a perdu son nom ; mais par contre, sous cet anonymat, transparaît clairement le personnage historique sur lequel il a été modelé. Un incident de la pièce permet l'identification. Le roi, dans The Swisser, épouse une captive qui se trouve être la fille d'Aribert, l'un des cinq rois détrônés par Wilson. Or, Grimoaldus ou Grimwald, selon Paulus Warnefridus, eut d'une captive « de noble naissance » ^ un fils et deux filles; et dans la suite, il épousa la fille de son prédécesseur Aripert 2. Le roi du Sivisser et Grimwald sont évidemment le même personnage. Wilson a seulement, par un procédé de compression familier aux auteurs dramatiques, confondu en une mêm.e figure les deux femmes de Grimwald.

Il n'est pas étonnant que Wilson ait été frappé par le caractère de Grimwald comme D'Avenant l'avait été quelques années auparavant par celui d'un autre roi lombard de moindre envergure, Albovine ^. Grimwald est peut-être le seul des chefs lombards dont l'image n'ait

1. Liher Quartus. Cap. XLVII. « Grimoaldus .... de captiva puella, sed tamen nobili, cujus nomen Itta fuit, Romualdum filium et duas filias genuit. »

Page 1