SCÈNE V Les Mêmes, MONSIEUR BELMONT
MONSIEUR BELMONT. — Qu'est-ce que c'est donc? Que veut dire ce tapage infernal ? [Us enfants
se taisent et baissent les yeux; le chant des oiseaux continue.)
Ah! je comprends.
JUSTIN. — Pardon, mon papa, je ne voulais pas... C'est Emma.
EMMA. — Oui, mon papa, mais c'est Louison... qui m'a engagée...
MONSIEUR BELMONT. — Est-cc vrai, Louisou?
LOUISON, baissant la tête. — Mousicur... c'était
pour faire plaisir à M"* Emma... elle avait tellement envie...
MONSIEUR BELMONT , sévèrement. — Allez et Pap-
pelez-vous que jamais plus vous ne reviendrez jouer avec mes enfants, puisque vous les poussez à la désobéissance. {Louison sort confuse.) Quant à vous, Justin, Emma, qui avez abusé de ma confiance, ma bibliothèque vous est interdite.
EMMA, tristement. — Voilà uotrc paradis perdu !
MONSIEUR BELMONT. — Qu'cst-cc que tu dis?
EMMA. — Oui, papa, ce matin nous nous trouvions ici dans le paradis terrestre.
JUSTIN. — Je disais qu'à la place d'Adam, je n'aurais pas écouté Eve, et j'ai écouté Emma.
EMMA. — Je disais qu'à la place d'Eve, je n'aurais pas écouté le serpent, et j'ai écouté Louison.
JUSTIN. — Sans s'en douter, Louison a remplacé le serpent!
EMMA. — Qui l'aurait pensé, elle a l'air si doux, cette petite Louison !
MONSIEUR BELMONT, à Emma. — Voilà uue mauvaise jouméc, mauvaise pour toi plus que pour nous tous et que pour Louison, ma pauvre Emma, et je veux que tu t'en rendes compte. Ta curiosité a été la vraie coupable de tout ce qui s'est passé. Elle t'a d'abord conduite à la désobéissance, et voici qu'après avoir été désobéissante, tu manques de générosité. Louison ignorante, sans éducation, Louison à laquelle je n'avais fait aucune défense personnelle, a été, dans tout ceci, plus excusable que toi, elle n'a pensé qu'à satisfaire ta méchante envie. En rejetant sur elle
ta faute, tu ajoutes à tes torts : ce n'est pas en dehors de nous, c'est en nous-mêmes que se cache le serpent. Tu n'as pas su lui fermer la porte de ta conscience et la défendre contre ses suggestions. Louison n'y est presque pour rien. Un peu plus tôt ou un peu plus tard, tu serais arrivée sans elle, avoue -le, à faire la faute que tu as commise aujourd'hui. Tu ne peux t'en tirer que par un aveu et surtout par un repentir très sincère.
EMMA, fondant en lai-mes. — 0 père ! tu aS trop
raison, tout ce que tu me dis est vrai. J'ai été bien coupable.
JUSTIN, s'approchant de son père. Tu aS raison
contre moi aussi, mon père; ma sœur n'est pas seule à blâmer. Je n'ai pas fait tout ce que j'aurais pu pour empêcher Emma et cette pauvre Louison de faire une sottise. J'ai succombé après elles à la tentation et, étant plus grand, j'aurais dû savoir leur résister.
Pardonne à Emma, qui ne recommencera plus; mais pardonne surtout à Louison, à qui il peut être si utile de venir dans la maison.
EMMA, s'approchant à son tour de son père. — LeS oi-
seaux ont fini de chanter, mais Louison n'a pas fini de pleurer; je l'entends encore sangloter derrière la porte, permets-moi de la lui rouvrir. MONSIEUR BELMONT. — Allous, soit, fais-la rentrer.
LOUISON entre; elle est toute rouge et tout ébouriffe'e. —
Hi, hi, hi! Je suis une méchante fille, vous avez bien fait de me chasser. Hi, hi, hi! M. Juslin ne voulait pas du tout, M"* Emma ne voulait guère ; c'est moi qui les ai forcés de se décider à me laisser ouvrir l'armoire. Hi, hi, hi! Je suis plus curieuse que notre pie qui fourre son nez partout, sauf votre respect, monsieur Belmont, et que rien n'a pu corriger.
{Louison est si drôlement désolée que M. Belmont a de la peine à se retenir de rire.)
MONSIEUR BELMONT lui tend la main. — CalmC-toi
et surtout mouche-toi. J'espère que la leçon te profitera et que l'avenir nous prouvera que tu vaux mieux que tu ne crois.
Allons, la paix est faite. (Il les embrasse l'un après
Vautre.) La pluie a cessé ; allez au jardin, le grand ail- vous fera du bien.
[La toile tombe.)
COLLECTION HE^ZEL
Bibliothèque d'Education et de Récréation
JULES VERNE
LES GRANDS VOYAGES
ET
LES GRANDS VOYAGEURS
LA DÉCOUVERTE DE LA TERRE
Les Premiers Explorateurs 2 vol.
Les Grands Navigateurs du XVIII« siècle 2 vol.
Les Voyageurs du XIX« siècle 2 vol.
Prix de chaque volume 3 francs.
LES VOYAGES EXTRAORDINAIRES
Aventures du capitaine
Hatteras 2
Aventures de trois Russes
• et de trois Anglais ... 1
Le CJjancellor 1
Cinq semaines en ballon. . 1
De la Terre à la Lune. . . 1
Autour de la Lune 1
Le Docteur Ox 1
Les Enfants du capitaine
Grant. 3
L'Ile mystérieuse 3
Le Pays des Fourrures . . 2
20000 lieues sous les Mers. 2 Le Tour du Monde en
80 jours 1
Une Ville flottante .... 1 Voyage au centre de la
Terre 1
Michel Strogoiî 2
Les Indcs-Noiros 1
Hector Servadao". 2
Un Capitaine de quinze ans , 2
Claudius Bombarnac . . . 1
Ciâteau des Carpathes . . 1
Prix de chaque
I>es Cinq cents Millions de la Begum
Les Tribulations d'un Ch nois en Chine . . .
La Maison à vapeur.
La Jangada
L'École des Robinson
Le Rayon-Vert . . .
Kéraban-lc-Têtu.. .
L'Archipel en feu. . .
L'Étoile du Sud. . .
Mathias Sandorf. . .
Robur- le-Conquérant
Un Billet de Loterie.
Nord contre Sud. .
Le Chemin de France
Deux Ans de Vacances
Famille sans Nom.
Sans dessus dessous
César Cascabel. . .
Mrs. Branican. . . .
Maître Antifer. . .
P'tit Bonhomme. . .
L'Ile à hélice. . . ,
vol.
vol.
vol.
vol.
vol.
vol.
vol.
vol.
vol.
vol.
vol.
vol.
vol.
vol.
vol.
vol.
vol.
vol.
vol.
vol.
volume 3 francs.
1 vol.
2 vol.
2 vol.
1 vol.
1 vol.
2 vol.
1 vol.
1 vol.
3 vol.
1 vol.
1 vol.
2 vol.
1 vol.
2 vol.
2 vol.
1 vol.
2 vol.
2 vol.
2 vol.
2 vol.
2 vol.
Parii. — Typ. Cbain«rot et Renouard. — 324S1.
ILLUSTlic^TIOV^S DE J. GEOFFIlOr
THÉÂTRE
JEUNES JEUNES
FILLES A CENS
B. VADIER
LE BAHUT
Deux jeunes Filles. — Trois Garçons.
LE PETIT WISANTHROPE
Trois ieunes Filles. — Un Garçon.