SCÈNE III RAOUL, GENEVIÈVE
GENEVIÈVE. Là, tu vois.
RAOUL. — Qu'est-ce que je vois?
GENEVIÈVE. — Tu as fait de belles affaires. Elle s'en va furieuse.
RAOUL. — Tant pis pour elle.
GENEVIÈVE. — Elle va, comme elle le dit, se plaindre à sa maman.
RAOUL. — Qu'est-ce que ça me fait?
GENEVIÈVE. — Et nous u'irous pas à son bal.
RAOUL. — J'en suis ravi.
GENEVIÈVE. — Moi, je m'en réjouissais, d'y
ciller, et voilà que par ta faute... C'est bien vilain.
RAOUL. — Comment? Qu'est-ce que tu me reproches? Est-ce que je n'ai pas été poli?
GENEVIÈVE. — Très poli, en vérité.
RAOUL. — Je m'attendais à des éloges.
GENEVIÈVE. — Vraiment, tu en mérites !... A propos de son dessin, n'aurais-tu pas dû...
RAOUL. — J'ai essayé de me taire, elle m'a demandé mon avis.
GENEVIÈVE. — Pour avoir des compliments.
RAOUL. — Elle me priait de ne pas la flatter.
GENEVIÈVE. — On dit comme ça; mais au fond, on ne veut pas autre chose que des louanges.
RAOUL. — Eh bien, c'est révoltant.
GENEVIÈVE. — C'est aiusi, que veux-tu?
RAOUL. — Je veux... je veux.
GENEVIÈVE. — Tu ne changeras pas les gens; il faut en prendre son parti.
RAOUL. — Jamais... Et tiens, ce qui me fâche
encore le plus, c'est de voir que toi... {imitant Geneviève.) « Celte robe est charmante.... Ce dessin admirable... Quel talent!... » et dire. que tu es ma sœur!... Tiens, tu devrais aller te cacher.