‹ Théâtre à la maison et à la pensionChapitre 55 sur 109 · SCÈNE III RAOUL, GENEVIÈVE · texte numérisé non relu

SCÈNE III RAOUL, GENEVIÈVE

GENEVIÈVE. Là, tu vois.

RAOUL. — Qu'est-ce que je vois?

GENEVIÈVE. — Tu as fait de belles affaires. Elle s'en va furieuse.

RAOUL. — Tant pis pour elle.

GENEVIÈVE. — Elle va, comme elle le dit, se plaindre à sa maman.

RAOUL. — Qu'est-ce que ça me fait?

GENEVIÈVE. — Et nous u'irous pas à son bal.

RAOUL. — J'en suis ravi.

GENEVIÈVE. — Moi, je m'en réjouissais, d'y

ciller, et voilà que par ta faute... C'est bien vilain.

RAOUL. — Comment? Qu'est-ce que tu me reproches? Est-ce que je n'ai pas été poli?

GENEVIÈVE. — Très poli, en vérité.

RAOUL. — Je m'attendais à des éloges.

GENEVIÈVE. — Vraiment, tu en mérites !... A propos de son dessin, n'aurais-tu pas dû...

RAOUL. — J'ai essayé de me taire, elle m'a demandé mon avis.

GENEVIÈVE. — Pour avoir des compliments.

RAOUL. — Elle me priait de ne pas la flatter.

GENEVIÈVE. — On dit comme ça; mais au fond, on ne veut pas autre chose que des louanges.

RAOUL. — Eh bien, c'est révoltant.

GENEVIÈVE. — C'est aiusi, que veux-tu?

RAOUL. — Je veux... je veux.

GENEVIÈVE. — Tu ne changeras pas les gens; il faut en prendre son parti.

RAOUL. — Jamais... Et tiens, ce qui me fâche

encore le plus, c'est de voir que toi... {imitant Geneviève.) « Celte robe est charmante.... Ce dessin admirable... Quel talent!... » et dire. que tu es ma sœur!... Tiens, tu devrais aller te cacher.

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