EUGÉNIE, MAURICE
MAURICE, reparaissant sur le mur. — Eugénic, veUX-
tu des cerises?
EUGÉNIE, vivement. Oui. [Se reprenant.) Non.
MAURICE. — Tu ne les aimes pas?
EUGÉNIE. — Si, mais nous sommes brouillés.
MAURICE. — Vous continuez encore ce jeu? Il m'ennuie, moi,
EUGÉNIE. — Comment, ce jeu?
MAURICE. — Esl-ce que tu n'avais pas dit : « Jouons à nous dire des injures? » Un moment, ça va; mais ça ne peut pas toujours durer.
EUGÉNIE. — Alors, tout ce que vous m'avez dit, c'était pour rire?
MAURICE. — Bien sûr; et ce que vous m'avez dit, vous, était-ce pour de vrai?
EUGÉNIE. — Oui... c'est-à-dire, non... Je ne sais pas bien.
MAURICE. — Ça m'est égal, je n'ai pas de rancune, et toi?
EUGÉNIE, souriant. GuèrC.
MAURICE. — Alors, faisons la paix.
EUGÉNIE. — Mais Catherine...
MAURICE. — Tu n'as pas besoin de lui en parler. Un, deux, trois, esl-ce dit?
EUGÉNIE. — Oui !
MAURICE. — A la bonne heure! Ce bouquet de cerises sera la signature du traité.
EUGÉNIE. Qu'il est beau ! (E//e le reçoit dans
son tablier.) Mcrci ! {Elle mange les cerises.)
MAURICE. — Sont-elles bonnes?
EUGÉNIE. — Délicieuses: Catherine prétendait... Cache-toi vite, la voici. {Maurice se cache.)