‹ Théâtre à la maison et à la pensionChapitre 8 sur 109 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

EUGÉNIE, MAURICE caché, CATHERINE

CATHERINE. — Vous êtcs touts SBule? 11 mo semblait qu'on parlait.

EUGÉNIE, embarrassée. Oui... c'est... c'est 08

jeune garçon, ce M. Maurice. Il a eu la bonté de me rejeter mon volant; c'est bien aimable à lui, n'est-ce pas? Imagine-toi, Catherine, que je le connais; à Paris, je l'ai vu très souvent; c'est le frère de ma meilleure amie.

CATHERINE. — Hum ! Et alors vous avez fait la conversation?

EUGÉNIE. — Non... c'est-à-dire...

CATHERINE. — Et il VOUS douue des cerises, et VOUS les acceptez ?

EUGÉNIE, — Pas précisément... Au contraire, je lui ai dit que... que... nous devions être ennemis.

CATHERINE. — A la bounc heure !

EUGÉNIE. — Il a très bien compris... Oh! très bien ; il a dit que ce serait alors comme au moyen âge, en Italie, une famille dont on a parlé à notre cours d'histoire, les... attends... les Capulets et les Montaigus.

i8 THÉ A IRE A LA MAISON.

CATHERINE. — Je ne connais pas ces personnes-là.

EUGÉNIE. — Ils étaient brouillés comme le capitaine et ma grand'mère, et leurs enfants, leurs domestiques, tout le monde aussi.

CATHERINE. — C'cst commc ça doit être : quand mon maître gronde, moi, je mords ; je ne connais que ça... Ce petit insolent, oser

vous jeter des cerises ! (EUe rejette la branche par-dessus le mur.) Tcuez, voilà le cas qu'on en fait de vos présents! [A Eur/éme.) Vous, soyez ferme; s'il y revient, ne vous laissez pas enjôler. Pour une cerise que vous refuserez, je vous en donnerai un panier, moi. Ayez du caractère; montrez-vous la petite-fille de votre grand 'maman.

EUGÉNIE. Sois tranquille. (Catherine sort.)

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