‹ ThéâtreChapitre 102 sur 210 · DE I.A PREMIERE EDITION · texte numérisé non relu

DE I.A PREMIERE EDITION

Parvenir à la tyrannie par la popularité, et à la popularité par une perfide complaisance , telle fut de tous les temps la tactique des ambitieux dans une république. Cette vérité, non moins cruellement démontrée par l'expérience que par l'histoire, fut sans doute la base de l'ostracisme. C'est aussi l'objet de cette tragédie, conçue et presque entièrement achevée sous le despotisme le plus terrible qui soit jamais né de la démagogie.

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Quelques mots placés en tète de Cincinnatus apprennent au lecteur dans quel intérêt et en quelles circonstances cette pièce a été composée.

La tyrannie du comité de salut public, tyrannisé lui-même par Robespierre, pesait alors sur la France. C'était au nom de la liberté qu'on avait établi l'esclavage le plus épouvantable dont il soit fait mention dans l'histoire des hommes. Ce contraste odieux des noms et des choses , cette impudente dérision qui accompagnait le despotisme, ne révoltait pas moins les âmes généreuses, que ne les révoltait le despotisme lui-même.

De ce nombre étaient des hommes que l'absence de la royauté avait familiarisés avec les idées républicaines , bien qu'ils eussent été fort étrangers à la terrible révolution qui avait renversé le trône. La ruine du trône consommée contre leur volonté, ils s'étaient résignés à être libres ; et ils tenaient d'autant plus à la liberté qu'ils l'avaient bien chèrement achetée.

Tels étaient les sentiments de l'auteur de Cincinnatus. Porté vers la république par un goût que les circonstances seules lui avaient révélé , il s'indignait de n'y trouver que l'oppression. Il ne savait pas encore que ce n'est pas sur leur dénomination, mais d'après leur constitution, qu'il faut juger de la nature des gouvernements ; que ces mots république et liberté ne sont pas plus nécessairement synonymes que ne le

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sont les mots esclavage et monarchie, et qu'un républicain suisse est beaucoup moins libre qu'un sujet anglais. Mais ce qui létonnait aulant au moins que l'imperturbable hypocrisie

du tyran, c'était l'étrange aveuglement d'un peuple qui se laissait tyranniser par un pouvoir exercé en son nom.

Le jeune poëte crut qu'il ferait une chose non moins utile pour son pays qu'honorable pour lui-même, s'il démasquait l'oppresseur et désabusait les opprimés.

La tragédie de Cincinnatus tend uniquement à ce but; elle a été entreprise et terminée en 1 794.

L'auteur y travailla six mois sans relâche : la progression toujours croissante de la terreur le fortifiait dans son projet, loin de l'en détourner. Dès les premiers jours de thermidor il était parvenu aux deux tiers de sa tache. Plusieurs hommes de lettres, et entre autres M. Eusèbe Salvertc , M. d'Avrigny, et l'infortuné Legouvé, avaient entendu, avant le 9 de ce mois à jamais mémorable, la lecture du second acte de cette pièce; et ils n'étaient pas sans inquiétudes sur les conséquences que sa publication pourrait avoir pour leur ami.

La fortune le sauva, en sauvant la France; mais la tragédie de Cincinnatus , représentée six mois après la chute de Robespierre , ne parut que la conséquence de l'événement qu'elle avait eu pour objet de provoquer.

Elle n'en contient pas moins d'utiles avis , de salutaires leçons , même pour les peuples qui ne sont pas en république.

Cette pièce est du genre le plus sévère : la nature du sujet et l'intention dans laquelle il a été traité l'ont voulu.

De plus, ce sujet appartient a une époque où les mœurs des Romains, comme leurs opinions, comme leurs passions,

étaient empreintes de la plus grande austérité. Rome n'était plus la ville des Tarquins, et n'était pas celle des Césars. L'exemple de Brutus avait retrempé les âmes. La patrie était devenue le premier objet de toutes les affections , la liberté le premier des biens; le sénat s'honorait de sa pauvreté, et l'on allait chercher les dictateurs à la charrue.

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i66 ÉPITRE DÉDICATOIRE.

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J^utAJe-t-iù d écarter a^ u&m-aeâ ae vouj , t^p&ùtora, ce ma/Aeur, a ta cte/ïmJe au/vueùvouj avez tout rec&/w?tient condàcre tant ae cowaae et tait/ ae ta/teizt; ae voilà, e#z mu ui Aoutitfiue

EPITRE DEDICATÔIRE. 167

fi cj/ /taj cavtf&nce (Ce tôt ta de?z/tœ?ze/iâ eC /ut/natit/e; rie oouj y atti da/ve& /tonorer ta atoùre acwiJ tcj r&venf; ae voud, aur^ €&vez> /&t*ee- / ëwrcfte a rouaw'/ ae ihhij j aonl la mwie ihwc , rc~ ten/t&Jcmâ ae ta Irwii/neutJai^ aii-aeta aeJ mert, a Aorte ta co?tio/a/to?t aaiti te eoetir art Attu tJtttdfo<e a&f /wodariâf ; ae votm , oui ^ej/tec/ez Darius àar teJ rawiej ae S&atifyûfytl

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