‹ ThéâtreChapitre 136 sur 210 · ACTE III, SCENE VII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE VII

Où le crime ourdissait sa ténébreuse trame ,

Dispersant sous le fer ses odieux lambris,

N'offre à nos yeux vengés qu'un monceau de débris ;

Que sur les fondements de cet affreux repaire

Un monument terrible autant que nécessaire ,

Dénonçant Mélius à la postérité ,

Jusque dans l'avenir venge la liberté.

LE CHEF DES LICTEURS, en rentrant.

Les traîtres sont saisis.

CINCINN ATUS.

Né du péril extrême , Mon pouvoir doit cesser avec le péril même. J'ai vécu : je termine ici mes longs travaux ; Mais avant d'abdiquer la hache et les faisceaux , Mais avant d'expirer, peuple , je veux te dire Que de toi seul dépend le destin de l'empire ; Que tant d'ambitieux , plus puissants que la loi , Dans toi seul ont trouvé leur force contre toi ; Qu'il faut te méfier de toute idolâtrie , N'adorer que les lois , n'aimer que la patrie ; Qu'un peuple a ses flatteurs : sache t'en garantir ; Qui flatte un peuple libre aspire à l'asservir. De ta faveur avare, enfin, songe qu'un traître, Ton idole aujourd'hui, demain sera ton maître.

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