‹ ThéâtreChapitre 148 sur 210 · GAUL, MALVINA · texte numérisé non relu

GAUL, MALVINA

M AL VIN A

L'entretien qu'il réclame , Ce sentiment confus de tendresse et d'effroi Qui le rapproche ensemble et l'éloigné de moi , Tout m'effraie...

GAUL

En ce cœur, à tant de trouble en proie, La douleur un instant a fait place à la joie.

MALVI NA.

Puissé-je y maintenir un sentiment si doux !

GAUL

Ce bienfait , Malvina , serait digne de vous.

MALVI N A.

Sa douleur est profonde.

En est-il dans notre âme Que ne puisse adoucir la pitié dune femme !

2 54 OSGAR.

MALVINA

Persuadez-le-moi , je voudrais l'espérer !

Quels que soient ses malheurs, je puis les réparer!

Persuadez-le-moi, j'aimerais à le croire :

Je fais de son bonheur mon devoir et ma gloire.

L'honneur me le commande; et, j'en conviens, l'honneur,

Pour se faire obéir, s'entend avec mon cœur.

Eh ! si tu n'y trouvais que de l'indifférence ,

Qui donc aurait des droits à ma reconnaissance ,

Oscar ? Lorsque mes yeux , fermés par les douleurs ,

Se rouvrirent au jour bien moins, hélas! qu'aux pleurs,

Qu'à la fois je repris la vie et les alarmes ,

Quel ami confondait ses larmes à mes larmes ?

N'était-ce pas Oscar ? Il fallut pour un fils

Sauver de tristes jours par les tyrans proscrits ;

La mort, qui menaçait ma tête languissante ,

Effrayait l'amitié, devant elle impuissante;

Tout me fuyait : un cœur, incapable d'effroi,

Se plaça fièrement entre la mort et moi ;

Seul, contre les bourreaux dont j'étais poursuivie,

A mes périls sans nombre associant sa vie ,

Un héros me sauva : c'était encore Oscar !

Dans ces murs, affranchis du joug de Caïrbar,

Qui rouvrit aux enfants le palais de leurs pères ?

Frappant , exterminant les hordes étrangères ,

Qui vengea d'un seul coup , dans le sang de leur roi ,

Mon pays, mon époux, mon fils, et vous, et moi ?

Oscar ! toujours Oscar " 3 ! Quoi qu'il puisse prétendre ,

Page 1