GAUL, MALVINA
M AL VIN A
L'entretien qu'il réclame , Ce sentiment confus de tendresse et d'effroi Qui le rapproche ensemble et l'éloigné de moi , Tout m'effraie...
GAUL
En ce cœur, à tant de trouble en proie, La douleur un instant a fait place à la joie.
MALVI NA.
Puissé-je y maintenir un sentiment si doux !
GAUL
Ce bienfait , Malvina , serait digne de vous.
MALVI N A.
Sa douleur est profonde.
En est-il dans notre âme Que ne puisse adoucir la pitié dune femme !
2 54 OSGAR.
MALVINA
Persuadez-le-moi , je voudrais l'espérer !
Quels que soient ses malheurs, je puis les réparer!
Persuadez-le-moi, j'aimerais à le croire :
Je fais de son bonheur mon devoir et ma gloire.
L'honneur me le commande; et, j'en conviens, l'honneur,
Pour se faire obéir, s'entend avec mon cœur.
Eh ! si tu n'y trouvais que de l'indifférence ,
Qui donc aurait des droits à ma reconnaissance ,
Oscar ? Lorsque mes yeux , fermés par les douleurs ,
Se rouvrirent au jour bien moins, hélas! qu'aux pleurs,
Qu'à la fois je repris la vie et les alarmes ,
Quel ami confondait ses larmes à mes larmes ?
N'était-ce pas Oscar ? Il fallut pour un fils
Sauver de tristes jours par les tyrans proscrits ;
La mort, qui menaçait ma tête languissante ,
Effrayait l'amitié, devant elle impuissante;
Tout me fuyait : un cœur, incapable d'effroi,
Se plaça fièrement entre la mort et moi ;
Seul, contre les bourreaux dont j'étais poursuivie,
A mes périls sans nombre associant sa vie ,
Un héros me sauva : c'était encore Oscar !
Dans ces murs, affranchis du joug de Caïrbar,
Qui rouvrit aux enfants le palais de leurs pères ?
Frappant , exterminant les hordes étrangères ,
Qui vengea d'un seul coup , dans le sang de leur roi ,
Mon pays, mon époux, mon fils, et vous, et moi ?
Oscar ! toujours Oscar " 3 ! Quoi qu'il puisse prétendre ,