ACTE II, SCÈNE 1. a5g
Ses yeux d'un doux éclat brillaient parmi les pleurs :
Semblables à l'éclair qui déchire la nue ,
Ses yeux m'ont embrasé dune ardeur inconnue ,
D'un transport si puissant , que jamais l'amitié
N'a parlé dans mon cœur plus haut que la pitié.
Va , ce seul souvenir me répond de ton zèle :
Ne fût-ce pas pour moi , tu feras tout pour elle •
Pour cet être enchanteur que le destin combla
Des attraits qu'il partage aux filles de Selma ;
Etre en qui la nature a mis sa complaisance ,
Et semble s'admirer dans sa magnificence !
C'est à toi de veiller sur un objet si doux ;
C'est à toi de la rendre à son heureux époux!
Enfin , si , réunis contre toute espérance ,
L'un ou l'autre jamais accusait mon absence ,
Dis-leur bien qu'en tout temps , fidèle à l'amitié ,
A ce seul sentiment j'ai tout sacrifié ;
Dis-leur qu'en me livrant au hasard qui me guide ,
Je ne puis oublier Malvina ni Dermide ;
Dis que si d'eux enfin j'attends quelques regrets,
J'en suis digne aujourd'hui, si je le fus jamais.
GAUL
J'aperçois Malvina.
OSCAR, à part.
Mon âme est trop émue ; Sortons , ami.
GAUL
Pourquoi te troubler à sa vue ?
266 OSCAR
OSCAR, vivement.
Je ne me trouble pas.
GAUL
Mais , si j'en crois tes yeux , Ton cœur...
Trop de douleur suivrait de tels adieux. * Sortons.