ACTE III, SCENE V
L'étranger de tout temps y partagea mes fêtes.
LE VIEILLARD
Je ne fus pas toujours étranger dans ces lieux.
oscar.
Auriez- vous donc connu mes immortels aïeux? Vous pleurez !
LE VIEILLARD
O mon fils ! quelle âme assez flétrie Peut revoir d'un œil sec les murs de sa patrie !
OSCAR
Et qui donc seriez-vous?
LE VIEILLARD
Vous-même. . . Ah ! pardonnez !
OSCAR
Quels traits se sont offerts à mes yeux étonnés !
LE VIEILLARD
Oscar , le brave Oscar , doit être de votre âge.
OSCAR
Si Carril, retenu dans un dur esclavage...
CARRIL
Oscar !
Carril!
CARRIL
Mon fils ! digne sang des héros , Ton nom, ton nom terrible a traversé les flots. Au bruit de tes exploits , ces âmes inhumaines , Ces bourreaux de Lochlin ont détaché mes chaînes.
284 OSCAR
OSCAR
Et le fils de Dermide ?...
CARRIL
Il est libre.
oscar. *
Pourquoi Ne puis-je entre mes bras le presser avec toi ? Cet enfant m'appartient , Carril ; je suis son père : Rends-le-moi ; c'est à moi de le rendre à sa mère.
CARRIL
Tu le verras bientôt. Ainsi donc Malvina N'a pas abandonné les remparts de Selma?
OSCAR
Hors de Selma long-temps Malvina fut errante ; De déserts en déserts je la traînai mourante, Jusqu'au jour où , vainqueur dans ces murs affranchis , Des fers de Caïrbar je vengeai mon pays. Rentrée en son palais, depuis elle y réside.
CARRIL
N'a-t-elle rien appris sur le sort de Dermide?
De son époux long-temps elle ignora le sort ,
Et n'apprit qu'aujourd'hui son naufrage et sa mort.
CARRIL
Un autre engagement ne l'unit pas encore ?
OSCAR
Un autre engagement, au retour de l'aurore, Par l'ordre de l'époux quelle perd aujourd'hui ,