ACTE IV, SCENE IL
Sur mon sein effrayé je sens couler tes larmes. Eh quoi! cet autre objet de mes tendres alarmes, Mon épouse!...
OSCAR
Elle vit.
DE RM IDE.
Seriez-vous unis i>
Non.
DERMIDE.
D'où vient donc ta douleur? quel funeste poison, Quel chagrin dévorant s'est glissé dans tes veines?
OSCAR
L'amitié, m'as-tu dit, doit terminer nos peines.
DERMIDE.
Qui le sent mieux que moi ?
OSCAR
En ces affreux moments, C'est donc à l'amitié de finir mes tourments.
DERMIDE.
Parle : en mon cœur jamais elle ne fut plus forte. Quels sont tes maux?
OSCAR
Affreux.
DERMIDE.
Qui les causa?
' OSCAR
N'importé.
294 OSCAR
D ERMIDE.
Quels remèdes, enfin?
Il n'en est qu'un.
DE RM IDE.
Eh bien?
Au prix de tout mon sang...
OSCAR
Au prix de tout le mien, Rends-moi la paix.
DERMIDE.
11 faut...?
OSCAR
Dans ce cœur qui t'implore 11 faut plonger ce fer, et le plonger encore. Sois mon ami.
DERMIDE.
Cruel ! que prétends-tu de moi !
OSCAR
Un bienfait, le dernier que j'exige de toi:
Si ton bras le refuse à ma douleur, Dermide,
Tu n'es plus qu'un ingrat , tu n'es plus qu'un perfide.
Ote-moi, par pitié, le droit de te haïr.
DERMIDE.
Me haïr! va, cruel, ce mot m'a fait frémir: Bien plus que ta raison, c'est ton cœur qui s'égare. Me haïr ! le veux-tu, le pourrais-tu, barbare? Par quel forfait Dermide a-t-il donc mérité