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LES PRÉCÉDENTS, CECILIUS, SENATEURS. CÉCILIUS

Scipion, vos redoutables mains Ont dû venger les droits et l'honneur des Romains , Et sous le premier joug dont elle était sortie , Ramener pour jamais l'Espagne assujettie. Et comme général, et comme magistrat, Proconsul , aujourd'hui rendez compte au sénat : Ses vœux sont-ils remplis ?

Que lui-même, en décide.

Doublement indigné contre un peuple perfide, Quand je promis à Rome, enhardi par son choix, D'arracher l'Ibérie au joug carthaginois , Ce cœur, qui gémissait de plus d'une blessure, Non moins que le devoir écoutait la nature , Et, dans les deux héros qu'on venait dégorger, J'avais mon oncle ensemble et mon père à vengeH. Que vois-je en arrivant ? trois chefs et trois armées

Bravant nos légions sous la tente enfermées , Et l'empire de Rome , en ces heureux climats , Réduit presque à l'enceinte où campaient nos soldats. Bornant à des regrets leur douleur impuissante , Ils pleuraient de leurs chefs la perte encor récente. Romains, leur ai-je dit, nos succès, nos revers, Tour à tour sont en droit détonner l'univers. L'ennemi qui sourit à nos revers sur l'Ebre Peut bientôt déplorer un malheur plus célèbre ; Marchons à cette ville où sont ses arsenaux , Ses captifs , ses trésors , ses moissons , ses vaisseaux. A sa promesse , amis , si Neptune est fidèle ,

Garthagène est à nous, et l'Espagne avec elle.

Chacun marche , à ces mots , où son chef le conduit.

Lélius, de la mer, nous protège et nous suit.

Il attaque le port, nous sapons les murailles.

Placée en un moment au milieu des batailles ,

Menaçante naguère , et tremblante à son tour ,

La nouvelle Garthage est conquise en un jour5.

L'Afrique cependant, inquiète, étonnée,

De voir un jour suffire aux exploits d'une année ,

Veut nous faire attaquer par trois chefs à la fois;

Mais, sans pouvoir se joindre, ils sont vaincus tous trois.

Dès lors pour nous le sort en tous lieux se déclare :

La terreur sous nos lois fait rentrer le barbare ;

Nos alliés, punis d'un perfide abandon',

Par d'utiles tributs achètent leur pardon.

D'un vainqueur irrité prévenant la poursuite ,

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