‹ ThéâtreChapitre 195 sur 210 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

L'un et l'autre Asdrubal se résout à la fuite 6 ; Magon, plus malheureux, après un vain effort 7, Dans les murs qu'il fonda n'ayant plus même un port , Promène au gré des vents sa détresse et sa honte ; Cadix nous est ouverte, et les murs de Sagonte, Où tant d'amis de Rome ont trouvé leurs tombeaux , Sortent de leur ruine et vengés et plus beaux: L'Espagne , d'Africains si long-temps surchargée , Du dernier Africain se voit enfin purgée, Sénat • et ses trois mers , entre leurs bords soumis , N'offrent plus aux Romains que des peuples amis. Chargeant donc du pouvoir une main aguerrie , Avide et digne aussi de revoir ma patrie , Je reviens , assuré de l'avoir satisfait , Rendre compte à l'état de tout ce que j'ai fait. Notre commun espoir n'a point été frivole : Suspendons ces drapeaux aux murs du Capitoie : L'armée est aujourd'hui contente de ses dieux! Et toi, peuple romain, si tu jettes les yeux Sur ces trésors ravis à Carthage alarmée , Tu dois être aujourd'hui content de ton armée. .

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