SCÈNE V
GÉMINIUS, RUTILE, ALBIN, soldats.
GÉMINIUS.
L'aurore enfin renaît, et dans ces bois moins sombres Par degrés la lumière a dissipé les ombres. Poursuivez , à l'éclat de l'astre qui vous luit , L'ennemi qu'à vos coups a dérobé la nuit. Portez dans ces forêts l'œil de la vigilance , Suivez tous les détours de ce repaire immense ; De peur que le proscrit n'échappe de vos mains , De la ville à la mer gardez tous les chemins.
RUTILE
Sortis de ces forêts , d'un pas lent et tranquille , Deux vieillards ont suivi le chemin de la ville. L'un, taciturne et fier, par son farouche aspect A pénétré mon cœur de crainte et de respect ; L'autre , moins imposant, mais non moins intrépide , Marchait près du premier et lui servait de guide.
GÉMINIUS.
Tous deux me sont suspects ; que sur l'heure , soldats On vole à leur poursuite , on arrête leurs pas ;
Allez. ( Rutile sort. )
(A Albin.) Et vous, voyez si ce toit solitaire Ne couvre pas celui que poursuit ma colère.