LA TRAGEDIE DE MAR1US
Ce proscrit, qui ne peut rencontrer des abris Que parmi les roseaux qui bordent le Lyris.
Le Lyris est un fleuve qui coule sur les limites du Latium et de la Campanie, et se jette dans la mer entre Gaëte et Capoue : il s'appelle aujourd'hui le Garigliano. C'est au passage de ce fleuve qu'en i5oi Bayard, faisant tête lui seul à deux cents ennemis, renouvela le prodige attribué à Horatius Coclès.
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Par d'étonnants revers le sort veut que j'expie Les étonnants succès qui signalent ma vie ; Il veut faire admirer à la postérité Mon infortune autant que ma prospérité.. .
Ces vers ont quelque analogie pour le sens avec ceux de Lucain qui servent d'épigraphe à cette tragédie : ils contiennent un résumé de l'histoire de Marius , et celle d'un homme
fjo NOTES ET REMARQUES
bien autrement grand, qui semble avoir épuisé aussi les rigueurs comme les faveurs de la fortune : Mensoque homini quidfata pararent.
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Teutons, Cimbres, Gaulois, que ce jour vous rallie; La mort de Marius vous livre l'Italie !
Les Teutons et les Cimbres étaient des peuples du nord. Ils habitaient les bords de la Baltique et la Chersonèse cimbrique, aujourd'hui le Jutland. Attirés par la fertilité du sol et la douceur du climat, comme les Gaulois sous la conduite de Brennus, ils marchèrent vers l'Italie et renversèrent les premières armées qu'on leur opposa. Marius sauva Rome : après avoir détruit les Teutons dans les environs d'Aix en Provence , il 'alla chercher les Cimbres, qui avaient franchi les Alpes, et les défit entièrement dans les plaines de Verceil. Cent cinquante mille Teutons périrent dans la première bataille , et cent vingt mille Cimbres dans la seconde, où l'on fit soixante mille prisonniers. Cela se passa en l'an 652 de la fondation de Rome.
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C'est chez l'infortuné que la pitié se trouve :
Sans peine on compatit au malheur qu'on éprouve.
Ce dernier vers semble imité de celui que Virgile met dans la bouche de Didon :
Non ignara mali , miseris succurrere disco.
JF.ncid. , lib. I.
SUR MARRIS. Gi
Peut-être aussi a-t-il été inspiré par la situation. Il est naturel qu'on s'attende à trouver la compassion dans ceux, qui ne sont pas ou même qui n'ont pas été heureux. La pitié s'apprend : le malheur en est l'école. Tel homme qui n'a jamais souffert n'est peut-être impitoyable que par pure ignorance. Telle est l'excuse de la cruauté dans les enfants. Le vers de Virgile, au reste, est excellent, et nous en avons d'excellentes imitations, telles que celles-ci :
Qui ne sait compatir aux maux qu'il a soufferts ?
Voltaire , Zaïre.
Malheureuse , j'appris à plaindre le malheur ,
vers emprunté à Gilbert par Delille, Enéide, liv. I.
Mes malheurs m'ont appris à soulager les vôtres.
Gaston , Enéide , liv. I.
Mes malheurs m'ont rendu l'ami des malheureux.
Anonyme.
J'ai connu le malheur , et j'y sais compatir.
Guillard , Œdipe à Colone.
Cette dernière version nous semble la plus heureuse de toutes.
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On a vu Marcius , des murs de Coriole , Ramener la terreur au pied du Capitule .
Caius Marcius Coriolanus, après avoir vaincu les Volsques à la tête des Romains, eut le malheur d'obtenir un triomphe pareil contre les Romains à la tête des Volsques. Déplorable
victoire , qui a imprimé une tache ineffaçable à la réputation de ce capitaine.
Coriolan, il est vrai, avait été banni de sa patrie par le peuple : mais Aristide, en pareille circonstance, s'éloigna en priant les dieux de ne pas permettre qu'il arrivât à la patrie aucun accident qui le fit regretter.
La force des choses peut jeter un bon citoyen dans la guerre civile; Solon, en certains cas, faisait un crime de la neutralité : mais rien ne justifie celui qui fait la guerre à sa patrie, à la tête on dans les rangs d'une armée étrangère.
Si nous n'hésitons pas à condamner Coriolan, qui toutefois se vengeait sur le peuple d'une injustice dont le peuple était complice, combien plus n'avons-nous pas horreur de ces prétendus héros qui , n'ayant à se plaindre que d'un homme, se sont vengés sur la patrie des injustices qu'elle avait improuvées! Si brillante que soit la condition de ces transfuges, leur vie est toujours honteuse, et leur mort ne saurait être glorieuse, même sur le champ de bataille : la balle ou le boulet qui les frappe punit en eux des déserteurs; ce n'est pas l'instrument du combat, mais celui du supplice. Telle était l'opinion de Bayard; telle a été, de tout temps, celle de l'auteur de Marins.
Je sens qu'il est honteux d'appeler l'étranger , De l'admettre en nos murs , d'ouv rir à sa furie Ces champs mon héritage et toujours ma patrie.
Cincinnotus , actel, scène vi.
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Il dispute à Sylla re un autre Jugur
(Test au sujet du commandement de l'armée envoyée contre
L'honneur d'aller comhattre un autre Jugurtha.