‹ ThéâtreChapitre 97 sur 210 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

LES PRÉCÉDENTS; LUCRÈCE, dans le plus grand

désordre.

COLLATIN

Est-ce vous, chère épouse ?

LUCRÈCE

Arrête ! Eloigne-toi !

Des transports aussi purs ne sont plus faits pour moi. Ne vois plus dans l'objet de cet amour extrême Qu'un objet d'infamie , en horreur à lui-même.

COLLATIN

Que dites-vous !

i46 LUCRÈCE.

SPURIUS

Des pleurs s'échappent de tes yeux !

LUCRÈCE

Quels sont ces étrangers assemblés en ces lieux ?

SPURIUS

Des Romains , des amis , que ta douleur afflige.

LUCRÈCE

Ne vous séparez pas ; demeurez , je l'exige : L'aspect d'aucun Romain ne peut m être importun ; Le malheur a rendu notre intérêt commun. Votre tyran n'a point un fils qui dégénère ; Et Sextus, en un mot, est digne de son père.

COL LATIN

Sextus !

LUCRÈCE

En votre absence, il vint dans ce palais.

COLLATÏN.

Qui l'y put amener ?

LUCRÈCE

Le plus noir des forfaits.

SPURIUS

Je frémis.

COLLA TIN

Poursuivez.

LUCRÈCE

Sextus , ô honte ! ô crime !

Ce désordre, ces pleurs, ce trouble qui m'opprime...

SPURIUS

Quels discours!

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