‹ ThéâtreChapitre 98 sur 210 · ACTE V, SCÈNE III. i · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE III. i

COLLATIN

De terreur tous mes sens sont glacés ! Achevé/,.

LUCRÈCE

Je ne puis.

COLLATIN

Je le veux.

LUCRÈCE

Frémissez , Trop malheureux époux , trop infortuné père ! Un ravisseur perfide , un infâme adultère , Sextus , dans les transports de sa lâche fureur... Sextus... Ma main n'a pu retracer cette horreur... Si j'en ai dit assez pour armer votre rage, Epargnez-moi l'affront d'en dire davantage. Ce cœur , d'autant plus fier qu'il est humilié , Ne vient pas mendier une vaine pitié : Il est un autre espoir auquel j'ose prétendre , Un bien que je réclame et que j'ai droit d'attendre, La vengeance, en un mot. Qui me la promet?

BRU TUS

Moi!

LUCR ÈCE.

Toi, BrutusiJ

BRU TU S

Moi , Lucrèce !

LUCRÈCE

Oui, je l'attends de toi.

i48 LUCRECE.

Ce seul mot pour Lucrèce est un trait de lumière ,

Il m'a développé ton âme tout entière ;

Malgré le faux dehors quelle avait revêtu,

En ton délire, ami, j'admirais ta vertu.

Mon cœur en croit ton cœur; tu tiendras ta promesse.

Je meurs contente ; adieu , venge Rome et Lucrèce.

( Elle se frappe. Spurius et Collatiu sont abîmés dans la douleur. ) VALÉRIUS.

Elle expire.

ALBIN

O douleur!

MUTIUS

O crime !

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