‹ [Théâtre]Chapitre 115 sur 262 · ACTE V — SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE V — SCÈNE III

OTHELLO

Quoi!

Elle vient d'affirmer que ce n'était pas moi !

ÉMILIA

Oui, je l'avoue.

OTHELLO, avec une joie fanatique et insensée.

Eh bien ! elle a dit un mensonge, Dont le poids éternel dans les enfers la plonge ! C'est moi qui l'ai tuée.

ÉMILIA

O Ciel ! tant de bonté Double votre injustice et votre cruauté.

OTHELLO

Elle tournait au mal ; c'était une adultère.

ÉMILIA

Vous la calomniez !

OTHELLO

Non ! Perfide et légère Comme l'onde.

ÉMILIA

Elle était un ange de candeur !

Une femme perdue.

ÉMILIA

Un trésor de pudeur !

OTHELLO

Ton mari me l'a dit.

ÉMILIA

Il a dit cela d'elle ?

Mon mari !

OTHELLO

Ton mari.

ÉMILIA

Qu'elle était infidèle ?

OTHELLO

C'est un homme d'honneur qui déteste et maudit Le vice et le dénonce.

ÉMILIA

O Ciel ! il vous l'a dit ?

Mon mari !

OTHELLO

Ton mari, femme.

ÉMILIA

Oh ! Dieu ! ma maîtresse, Ton amour fut joué par sa scélératesse.

Il a tout découvert lui-même habilement ; L'honnête Yago sut tout et m'a tout dit.

ÉMILIA

Il ment.

De son indigne choix elle était trop éprise. Ah ! ma colère enfin surmonte ma surprise !

Othello lève son épée.

Va, je ne te crains pas, homme ou monstre fatal ! Car tu n'as pas en toi, pour me faire du mal,

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