L ORGUE
Les églises du Christ jour et nuit sont ouvertes ; Mais les piliers sont seuls, les stalles sont désertes, Le marbre bleu des morts est humide, et chez nous Personne ne sait plus l'essuyer des genoux. L'étranger n'y vient voir que les lignes du cintre ; Les tableauxdesmartyrsn'ont devant eux qu'un peintre Qui, debout, l'œil en flamme et la main sur le cœur, Adore saintement la forme et la couleur ; Et l'église sans foi, ce triste corps de pierre Qui dans l'autre âge avait pour âme la prière, L'église est bien heureuse encore qu'aujourd'hui Les lévites de l'art viennent prier pour lui.