‹ [Théâtre]Chapitre 251 sur 262 · LES TROIS FORÇATS · texte numérisé non relu

LES TROIS FORÇATS

A Brest, aux galères, près tous trois d'être libérés, ils se font serment mutuel de ne plus commettre aucun crime.

Cherchant de l'ouvrage, ils sont repoussés de tous les coins et se réunissent pour allumer du charbon et s'asphyxier.

«Nous n'avons plus de foi chrétienne, nous aimons nos frères parce que le cœur nous le dit ; nous n'avons jamais tué.

— Moi, j'ai fait de la fausse monnaie.

— Moi, j'ai fait de faux billets.

— Moi, j'ai aidé à l'enlèvement d'une jeune fille.

— Allons chercher du travail.

Chaque bourgeois leur dit :

« Oui êtes-vous ?

— Nous ne sommes pas des criminels sanglants, nous voulons vivre en paix avec la société, nous n'avons jamais frappé ni l'homme ni la femme.

— Qui êtes-vous ?

— Nous ne sommes pas vos ennemis. Nous avons heurté la société dans ses lois, mais jamais nous n'avons fait mourir le citoyen. Nous avons blessé les mœurs et les lois mais non les vivants.

— Étrangers, nous vous demandons qui vous êtes, et vous nous répondez ce que vous n'êtes pas.

— Nous sommes forçats libérés.

— Retirez- vous et mourez de faim.

— Mourons donc et allumons le charbon. »

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