‹ [Théâtre]Chapitre 53 sur 262 · SCENE XVII YAGO, RODRIGO · texte numérisé non relu

SCENE XVII YAGO, RODRIGO

YAGO

Qu'avez-vous, Rodrigo ?

RODRIGO, irrité contre Yago.

J'ai qu'enfin je me lasse De courir le pays comme un chien à la chasse. Ma bourse est presque vide et j'ai reçu des coups. Je crois bien qu'à Venise, et cela grâce à vous, Je retournerai pauvre et plein d'expérience.

YAGO

Les pauvres gens sont ceux qui vont sans patience

A travers champs. Voyons, tout ne va-t-il pas bien ?

Chaque chose a son jour. Suis-je magicien ?

Il faut toujours du temps, lorsque l'esprit opère.

Cassio vous a frappé, c'est vrai ; mais, je l'espère,

Il reçoit à son tour un coup assez profond !

Les hommes tels que moi savent bien ce qu'ils font :

Nous agissons toujours par des causes majeures.

Mais comme le plaisir a fait passer les heures ! !

La nuit est toute sombre. — Adieu.

Non. — Dès ce soir, Il faudra s'expliquer.

YAGO

Comme le ciel est noir !

L'orage recommence.

RODRIGO

Il faut...

YAGO

Pas de querelle.

1 Au dernier monologue d'Yago, j'ai substitué pour la scène cette sortie plus vive, et qui convient mieux peut-être au besoin d'action qu'éprouve toujours un parterre français. Cependant j'ai mal fait, et c'est un mauvais exemple. Ce second acte finit froidement, il est vrai ; mais cette fin concourt à prouver combien Yago est maître des événements ; c'est un fil de trame qu'il est bon de laisser suivre au spectateur. Toutes les fois qu'un grand acteur croira que, dans le public qui l'écoutera, domineront les esprits patients, attentifs, qui savent suivre une forte combinaison, il fera bien de revenir à la première version. Ces petites scènes chaudes, dont on fait tant de cas ici, se trouvent tous les soirs au Vaudeville, et sont faciles à écrire au crayon sur le genou pendant une

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