ACTE II, SCENE II
HENRI, riant.
Voilà qui est sagement parlé... Vous avez raison, Margarot; il faut toujours encourager les arts.
MARGAROT
Il ne faut pas encourager les fous; et c'est de la folie, quand on est gueux comme vous êtes, de s'entêter à faire de la peinture sérieuse; prononcez : qui ne se vend pas... Aujourd'hui, mon cher, il n'y a plus que l'industrie qui compte, et les seuls artistes possibles sont ceux qui, comme moi, — oui, mon petit, comme moi, — ont su marier l'art à la fabrication et sont arrivés à produire...
Ce joli veau à deux têtes qu'on appelle l'art industriel...
MARGAROT , sca ndaliii.
Oh!
H EN ri', se levant.
Je les connais, ces artistes-là !... Des gaillards qui font des porte-allumettes avec les plus purs chefsd'œuvre de l'antique, et qui en arriveront un de ces jours à poser un cadran sur le ventre de la Vénus de Milo, pour l'utiliser dans le monde comme horloge de salle à manger.
MARGAROT, trantiuilleiiieiit.
Pourquoi pas?... si ça se vend.
UNE VOIX, chantant dans l'escalier.
Guerre aux bourgeois.
2)6 LE SACRIl-ICE
II 1£X RI , à Margaivt.
Attrape ! (La porte s'ouvre.)
SCÈ'K.E III
Les Mêmes, LE PÈRE JOURDEUIL, puis PIPETTE.
LE 1' È I< E JOURDEUIL, enire trèi animé, la canne en l'air, chantant :
Jamais, jamais en France...
(A la caniunath'.) N'entre pas encore... je t'appellerai.
M AU G A ROT, regardant le père JuiirJeiiil avec stupeur.
Qu'est-ce que c'est que ça, mon Dieu ?
HENRI, allant i> son père.
Bonjour... comment vas-tu î
L E P È K E J O U R D E U I L , lui donnant une tape sur la joue.
Et toi, mauvais sujet r... C'est à toi qu'il faut demander cela.
MARGAROT, s approchant d'Henri.
Mon cher, c'est convenu, quand vous voudrez que nous signions notre petite mécanique.
HENRI
Jamais...