ACTE II, SCÈNE IX
HENRI, lui prenant le papier des mains.
C'est inutile, je connais les conditions. (Il passe à
gauche vers le pupitre.)
MARGAROT
Vous savez, c'est pour dix ans!...
HENRI
Pour trente, si vous voulez.
MARGAROT
Avec un dédit de vingt mille francs.
Entendu ! (Il signe.)
MARGAROT
Là! maintenant, signez le double et passez-moi la
plume.
HENRI, pendant que Margarot signe,
(A part.) Mon père sera content... Les fournisseurs ne risqueront plus d'attendre.
MARGAROT, signant devant le pupitre.
Mon cher, je suis enchanté. Nous faisons tous les deux une excellente affaire et vous verrez que le veau à deux têtes a du bon... (Mettant un des deux traités dans sa poche.) Voilà qui est dit... A présent, si vous avez besoin d'argent...
HENRI
J'en ai besoin...
MARGAROT
Eh bien ! venez ce soir diner à la fabrique, vous prendrez ce qu'il vous faut. (.4 part.) Hé! hé! il pa-
rait que la colombe a demandé des arrhes. (Haui.) A ce soir.
Attendez... Est-ce que votre voiture est en bas?...
MARGAROT
Oui, pourquoi}
Il i; N R I , allaiii chircher la Mort d' Adonis. Parce que je vous prierai d'emporter ceci...
MARGAROr.
Comment! encore un?... Mais savez-vous que j'en ai déjà plus de trente à la fabrique... Enfin, donnez toujours... heureusement que le local ne me
manque pas... (Henri %ia s'asseoir à droite. — Margarot, à
part, regardant le tableau.) Je Serais tout de même curieux de savoir d'où lui viennent toutes ces précieuses croûtes... Allons 1 bon, la signature est encore effacée... Je parie qu'il y a quelque histoire de femme là-dessous... Oh! ces artistes, c'est si passionné...
(U sort.) HENRI, sur h devant de la scène, à demi-voix, très ému.
Maintenant, ne me demandez plus rien !... Je vous
ai tout donné... tout!... (Il reste ahimé, la tète dans Us mains)
SCÈVLE X HENRI, NAMOUN, FRANaUEYROL.
FRANQU EYROL, à Margarot qui sort.
Ne fermez pas. (Il entre.)