ACTE I, TABLEAU I, SCHN'E I
BALTH AZAR.
Qu'est-ce que tu veux que j'en pense, mon pauvre Francet? D'abord que c'est ton idée et celle de ta bru, c'est aussi la mienne... par force...
Pourquoi, par force?
BALTHAZAR, senlencieusement.
Quand les maîtres jouent du violon , les serviteurs dansent.
F U AN CET MAMAÏ, souriant.
Et tu ne me parais pas bien en train de danser... (S'assevani sur son panier.) Voyons, voj'ons, qu'est-ce qu'il y a? L'affaire ne te convient pas, donc?...
BALTHAZAR
Eh bien !... non ! là...
FRANCET MAMAÏ
Et la raison ?
J'en ai plusieurs raisons. D'abord, je trouve que votre Frédéri est bien jeune, et que vous êtes trop pressés de l'établir...
FRANCET .\r A M A ï .
Mais, saint homme! c'est lui qui est pressé, ce n'est pas nous. Puisque je te dis qu'il en est fou, de son Arlésienne; depuis trois mois qu'ils vont ensemble, il ne dort plus, il ne mange plus. C'est comme une fièvre d'amour que lui a donnée cette
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petite... Puis enfin, quoi! l'enfant a ses beaux vingt ans et il languit de s'en servir.
BALTIIAZAR, secouant sa pipe.
Alors, tant qu'à le marier, vous auriez dû lui trouver par là, aux environs, une brave ménagère bien fournie de fil et d'aiguilles, quelque chose de fin et de capable, qui s'entende à faire une lessive, à conduire une olivade, une vraie paysanne, enfin !...
FRAN'CET MAMAÏ
Ah ! sûrement qu'une fille du pays aurait bien mieux été l'afiaire...
BALTIIAZAR.
Dieu merci 1 ce n'est pas le gibier qui manque en terre de Camargue... Tiens!... sans aller bien loin, la filleule de Rose, cette Vivette Renaud que je vois trotter par ici dans le temps de la moisson... Voilà une femme comme il lui en aurait fallu...
F R A N C E T JI A M A ï .
Bé! oui... bé I oui... mais comment faire?... Puisqu'il a voulu en avoir une de la ville.