SCÈNE II
B RIGITTE.
Tôt, tôt, père Brèchemaiii. Va passer ta plus belle veste et dire à Guillaume d'atteler...
BRÈCHE M AIN
Ça ne sera pas long.
BRIGITTE
Moi, j'entre promptement dans ma robe jaune à ramages; et toi, Suzette?
SUZETTE
Oh! moi, je suis prête; un foulard autour du cou, trois fleurs dans mes cheveux, et me voilà... Je sais ce qu'il lui faut.
BRIGITTE, enlrant à gauche.
Vite, vite, Brèchemain,
BRÈCHEMAIN, allant vers le fond.
Voilà ! voilà !
LÉONARD, l'arrêtant timideiuenl.
Monsieur Brèchemain, j'ai là quelques graines d'hortensias et plusieurs marcottes d'ceillets; l'espèce en est assez rare, et vous me feriez honneur en les agréant.
BRÈCHEMAIN, prenant les paquets.
Bon Dieu 1 mon pauvre Léonard, vous voyez bien que je n'ai pas le temps de m'occuper de vous... donnez toujours... Mais, pour Dieu! mon garçon, ne vous fourrez donc pas sans cesse au milieu comme cela, vous ressemblez à M. Jeudi, un gaillard qui, depuis trois mille ans, est toujours au milieu de la semaine. (Il sort en riant.)
SCÈTSLE III
SUZETTH, LÉONARD.
SUZETTE, cherche à mettre des Jleiirs (Jaiis ses cheveux, devant la glace.
Maudites fleurs, val on dirait qu'elles, le fout exprès. (Elle Jrappe du pied.) Voulez-vous tenir, tas de roses !
Toutes les fleurs sont capricieuses, demoiselle Suzettc; les plus petites surtout.
Au pays des fleurs, plus on est petit, plus on embaume. Vivent les petites fleurs, monsieur Léonard.
I, ÉONAKl), la main sur le cœur.
Vivent les petites fleurs!
SUZETTE, parvenue à mettre des roses dans ses cheveux.
Franchement, Léonard, je ne suis pas trop laide comme cela î
LÉONARD, avec un cri.
Trop laide !
SUZETTE
Oh! je sais bien que pour vous... mais pour mon