SLEAU III, SCÈNE III
MARC, prenant les fagots.
Voilà... voilà... (A L'équipage.) Qu'est-ce que tu .is donc, toi, à me regarder? avec tes gros yeux...
VIVETTE, prenant les sarments.
Merci... Maintenant, il n'y a plus qu'à souffler...
Je m'en charge.
C'est cela! Pendant ce temps, je vais jusqu'au bateau, retenir ma place...
M.\RC, vivement.
Vous allez revenir, au moins?
VIVETTE
Sans doute ! Il faut bien que je dise adieu à ma marraine... (Chargeant son paquet.) Hop ! MARC.
Laissez, laissez. L'équipage va vous porter cela. C'est trop lourd... Hél matelot... Eh bien!... quoi!... qu'est-ce que tu as? qu'est-ce qui t'étonne? Prends ces paquets, on te dit...
VIVETTE
A tout à l'heure, capitaine... (Elle sort.)
SCÈn^E III LE PATRON MARC, seul.
Si celle-ci s'en va, par exemple, nous sommes bien. Il n'y avait que ça de gai et de vivant dans la
jgO L ARLESIENNE
maison... Et puis si avenante, si honnête avec tout le monde, s'entendant si bien à vous donner vos titres. « Oui, capîtaine; non, capitaine! » pas une fois elle n'y aurait manqué... Hé! hé! tout de même, ce ne serait pas déplaisant à voir trotter sur le pont de la Belle-Arsène un joli petit perdreau de fillette dans ce goût-là!... Hé bien! hé bien! qu'est-ce qui me prend? Est-ce que moi aussi... Décidément il y a un mauvais air qui court par ici. Je crois, ma parole, que cette Arlésienne nous a flanqué le feu à tous. (Il souffle avec rage.)