‹ ThéâtreChapitre 64 sur 235 · I. L MARQUIS · texte numérisé non relu

I. L MARQUIS

Pour un caprice, et j'en suis fier.

abbé se signe éperdument. Alors de sa voix la plus douce et du fond de son grand fauteuil : « Marquis,

SCÈNEIX 153

VIRGINIE

Et cette femme t'a laissé partir ! elle n'a pas eu pitié de toi, elle ne t'a pas arrêté au seuil de sa porte? « Revenez, j'étais folle, nous sommes fous tous les deux! » Non, d'un œil souriant elle t'a regardé t'en aller à la mort. Mais quel sang ont-elles donc dans les veines, ces créatures-là?

LE MARQUIS

Ces créatures ont dans les veines un sang de race qui leur vient de très loin et de très haut, Mademoiselle; c'est toujours le sang de ces belles amoureuses du mo3'en âge qui jetaient leur gant dans l'arène et qui criaient: « Au plus aimant! » Autrefois c'était un gant entre les griffes du lion, aujourd'hui c'est' une fleur sous les balles républicaines.

VIRGINIE, après un silence.

Tu n'as plus de mère, n'est-ce pas?

LE MARQUIS

Ma mère est morte, Mademoiselle.

Si tu avais eu ta mère, ta mère aurait pleuré, et si ses larmes n'avaient pas suffi, plutôt que de te laisser partir elle t'aurait enfermé comme un entant rebelle.

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