LE FRERE AINE
Un salon de campagne. Porte dans le fond donnant sur un perron ; à l'horizon, des montagnes. — Portes latérales. — A gauche, une cheminée. — Au fond du salon, à droite, un piano. — Au premier plan, à droite, une fenêtre donnant sur la campagne.
SCÈ^lsLE •P1iED,CIÈ%E DOMINiaUE, MASCARAT.
Au lever du rideau, la scène est vide. Dominique parait dans le fond, en dehors, sur le perron, regardant lentement autour de lui. Mascarat le suit tout ejfaré.
MASC.\ R.\T, entrant.
Ah çà! mais... i la fin! dir.i-t-il ce qu'il veut, ce monsieur-là r...
D O .M I N I Q i; E , sur le perron.
Ni le jardin, ni la maison, rien n'a changé... rien !
i;6 LEFRÈREAINÉ
Les platanes n'ont pas grandi. (Il entre, et après awir
regardé de droite et Je gaiiclie.) Les meublcs sont toujours
les mêmes.
M A s C A R A T , timidement.
Monsieur est déjà venu chez nous, .i ce que je vois?
DOMINIQUE
Voilà une table que je connais... Ces fiiuteuils aussi, je les connais... Et ces flambeaux I oh 1 les bons vieux flambeaux qui nous viennent du grandpère... ils n'ont pas bougé de place. (// i'aifrmhe de la eliemivee.)
M A se AU AT, à fart.
Ne serait-ce pas, par hasard, ce monsieur de Perpignan qui devait venir pour la pendule?
DOMINIQUE, devant la cheminée, debout.
l'éprouve un singulier émoi en revoyant toutes ces choses.
Ma foi, monsieur l'horloger, vous arrivez bien à propos : notre pendule est un peu patraque depuis deux mois, et je crois que ma montre a bon besoin d'être dépatraquéc, elle aussi.
DO.M INIQUE i' éloigne de la eheminée et, continuant à regarder de tous câle's, s'arrête devant le piano.
Tiens I un piano... ah bah! pourquoi faire? (A Masi-arat.) Q.ui joue du piano ici ?
M ASC A RAT, stupéfait.
Hein! plait-il ? qui joue du pia.,. En voilà une