SCÈNE IV
DOMINIQUE, riiiiil.
Laisse-moi donc tranquille, avec toutes tes chambres. Eh! qu'importe où je couche, puisque je suis dans la maison de ceux que j'aime.
ANDRÉ
Qui, oui, tu as raison... (A Mascarai.) Allons, va vite... va vite... et si tu rencontres, tu sais?... pas
un mot.
Compris. fJ Dominique.) Derrière les oliviers de Saint-Vincent, n'est-ce pas, monsieur?
DOMINIQUE
Oui, mon garçon. (Le rappelant.) A propos. Mascarat, dans la voiture, tu trouveras une petite boîte blanche... au lieu de la monter avec les autres, tu l'apporteras ici, tout de suite. (A AnJré.) Une surprise que je réserve...
M AS CA HAT, avec un rire finaud.
C'est pas beu malin de savoir à qui. (Il sort.)
SCÈ'yLE IV DOMIXiaUE, ANDRE.
ANDRÉ, ilebout devunl Dominique.
Quatre ans ! quand je pense qu'il y a quatre ans ! Songes-tu à cela, Dominique, qu'on est resté quatre ans sans se voir.
1 66 h V. V K l'i Kl- A I N li
DOMINIQUE, at'ec un peu d'emharras.
Pourquoi s'occuper du passé? Nous voilà réunis; qu'.ivons-nous à désirer de plusr
C'est égal, vois-tu, nous aurons beau passer ensemble tout le temps qu'il nous reste à vivre, il manquera toujours quatre années à mon compte. Tu me devras toujours ces quatre années-là. Oh! tu auras beau fliire, tu me les devras toujours.
D O M 1 X I Q U i; , souriait l.
Allons, frère, ne m'accable pas... Tu vois bien que j'ai honte, tu vois bien que je me repens... Ne me gronde plus, je t'en prie.
Tu as raison, c'est fini! je n'en parlerai plus. (Plus bas.) Pourtant, Domé, il faudra bien que tu m'avoues un jour ce qui t'a fait fuir notre maison, cette maison où nous avions juré de vivre et de mourir ensemble, cette maison où papa et maman sont morts!... Voyons, que s'est-il passé là?... Car enfin, nous qui étions si heureux, si bien unis...
Assez, assez, je t'en supplie... Tes paroles me font mal. Écoute, André, ce que tu désires savoir, un jour tu le sauras, je te le promets; oui, un jour, je t'ouvrirai mon cœur, je te dirai tout. Mais une autre fois, n'est-ce pas? Aujourd'hui, cet aveu me coûterait trop. Laissons cela, veux-tu? Parlons plutôt de toi, de vous, de ton bonheur et du sien; raconte-moi votre vie, cette belle vie que je veux connaître, et