‹ ThéâtreChapitre 10 sur 971 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

Les Précédées, BAjmLDE, jmis GEBJdXUiE.

DEWORDE, prenant Guillaumin par lu main. Permettez, madame, que je vous présente un de mes parens, M. Guillaumin.

BATHILDE, O Jiarl.

Guillaumin! l'ami de Marcel?... {Haut.) Monsieur...

GUILLAUMIN, s'incUnant.

Madame... {A pan.) Tiens, il me semble que je produis un certain effet!...

BATHILDE, se remettant.

Monsieur, vous êtes le bien venu, présenté par M. Deworde... et j'espère que j'aurai quelquefois le plaisir de vous voir... Je donne ce soir une petite fête, me ferez-vous l'honneur d'y assister.

GUILLAUMIX.

J'aurai cet honneur, madame.

DEWORDE.

C'est un bal travesti ; prenez un beau costume, mon cher, et que celte soirée fasse du bruit... à Tours.

GERMAiSE, sortant delà cliambrede M'^^d'Illières.

Madame a oublié ses gants.

GUILLAUMIN

Tiens, la vieille!

DEWORDE.

Qu'avez-vous ?

GUILLAUMIN

L'ancienne...

DEWORDE.

Expliquez-vous.

GUILLACHIX.

La camarera mayor...

DEWORDE.

Mais de qui ?

GUILLAUMIN

De la femme inconnue, de la femme voilé»... de la maîtresse de Marcel enlin I...

Marcel !... Vous êtes sûr?...

BATHILDE

Que se disent-ils ?

GUILLAUMIN

Vous allez voir... jo vais lui parler.

iiAïuiLDK, Il part.

Uieconnaît Germaine!

IVIAGASIN THEATRAL.

GtlLLAUMlN, à Germaine.

Eh bien! nous voilà donc à Paris?...

BATHILDE, bas à Germaine.

Nie tout, ou je suis perdue !

GERMAINE

Pardon, monsieur .. je ne vous connais pas.

GUILLAUMm.

Oui, oui, oui... mais je vous connais, moi... Je me suis un peu trop ennuyé dans nos tête-à-tête pour les oublier.

GERMAINE

11 faut alors, monsieur, que vous soyez trompé par quelque ressemblance.

GUILLAUMIN, à Dewordc.

Voilà... la vieille a peur que cela ne lui fasse du tort près de sa nouvelle maîtresse. DEWOUDE, bas.

N'importe... allez toujours.

BATHILDE

Germaine, sauve-moi!

GUILLACMIN, à Bathilde.

Madame, il ne faudra pas lui en vouloir pour eela, à cette bonne femme... Dam! elle obéissait aux ordres de son autre maîtresse.

BATHILDE

Germaine ne m'a jamais quittée, monsieur.

GUILLATIMIN, à pari.

Bon ! j'ai fait une bêtise.

DEWORDE.

Allons , dame Germaine , répondez donc à monsieur.

GERMAINE

Je ne puis dire que ce que j'ai dit déjà... Monsieur se trompe sans doute... et en réfléchissant, monsieur en conviendra.

GUILLAUMIN

En effet, en y regardant mieux... Dam! on trouve de ces ressemblances-là. . . Prosper et Vincent, par exemple... Oui, oui, oui... oh! en regardant bien... et puis l'autre avait des mitaines, et vous n'en avez pas... Pardon, madame, pardon cent fois, mille fois... je me suis trompé... Quoi! cela arrive à tout le monde... Ce qui m'a mis dans l'erreur, c'est que l'autre... enûn celle qui vous ressemble, a suivi sa maîtresse à Paris... et j'aurais pu la rencontrer... Il n'y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas.

Je ne saurai rien.

BATHILDE

Mais tout cela nous est étranger, mon cher monsieur Deworde, et je ne comprends pas l'importance que vous y attachez.

DEWORDE.

Le nom de M. Marcel... cette ressemblance de Germaine...

BATHILDE

Oh! vous m'offensez !

DEWORDE.

Je vous demande pardon... je suis un fou.

GVILLAUMIN.

Eb bien! me voilà dans une belle position,

moi, pour mon début!... Ce que j'ai de mieux à faire, c'est de me retirer. [Saluant.) Madame...

BATHILDE

Monsieur, j'espère que ce petit malentendu ne vous empêchera pas de revenir ce soir?

GUILLAUMIN

Comment donc ! au contraire... Cousin, je vous remercie de l'agrément que vous m'avez procuré.

DEWORDE.

Tout le plaisir a été pour moi, je vous assure. .. [Bas.) A propos, l'adresse de ce M. Marcel? GUILLAUMIN, clc mcmc.

Je vous l'ai déjà dite.

DEWORDE.

Je l'ai oubliée.

GUILLAUMIN

Rue Taitbout, n° 11.

DEWORDE.

Merci.

GUILLAUMIN, à Bathilde.

Madame...

11 sort.

DEWORDE, à François qui est derrière la porte. Qu'y a-t-il, François ?

FRANÇOIS

Une lettre pour madame.

DEWORDE.

Vous entendez, Bathilde ?

BATHILDE

Donnez.

DEWORDE.

J'ai deux mots à écrire... Permettez-vous qu'à cette table...

BATHILDE

Avez-vous besoin de me le demander? [A part.) Son écriture!... je me meurs!

GERMAINE, bas.

Du courage.

BATHILDE, « Deu'orde.

Permettez-vous vous-même que je lise cette lettre ?

DEWORDE.

Assurément... {A part.) Ah! mais une idée excellente... Bathilde m'a donné toute liberté pour ses invitations... Si j'écrivais à ce Marcel...

Il écrit.

BATHILDE, lisant.

« Si vous ne m'avez promis un rendez-vous » que pour vous débarrasser de moi , vous vous » êtes trompée en croyant que je m'en conten- » terais; je veux une réponse positive qui me » désigne le jour et l'heure, ou sans cela, ma- » dame , j'aurai l'honneur de me présenter » chez vous comme je l'ai fait ce matin. Mar- » CEL. » Vois!

GERMAINE

Il faut répondre.

BATHILDE

Quoi?

GERMAINE

Que vous irez demain.

BATHILDE

Mais je pars cette nuit.

GERMAIKE.

Aimez-vous mieux vous perdre?

BATHILDE, s'asseijunt.

J'écris.

Elle écrit.

DEWORDE, ô l'autre table, lisant ce qu'il a écrit, « Madame la baronne d'Illières a l'honneur d'in- » viter M. Marcel au bal qu'elle donnera ce soir » 14 janvier 1837. »

BATHILDE, lisant ce qu'elle vient d'écrire. «Demain matin, à dix heures, je serai chez

» vous ; mais jusque là, au nom du ciel, ne faites » aucune tentative pour me voir. »

DEWORDE, à François.

A M. Marcel, rueTaitbout, n° 11.

BATHILDE, à Germaine.

A M. Marcel, rue Taitbout, n» 11.

Les deux messagers sortent par une porLe opposée. DEWORDE.

Alors, à ce soir, chère Bathilde!

BATHILDE

A ce soir !

Dcworde baise la main Je Batliilde et sort.

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