‹ ThéâtreChapitre 103 sur 971 · SCENE m · texte numérisé non relu

SCENE m

BRUNO, puis D'ORBEXDAS.

BRUNO, nur la pointe du pied.

Je voudrais bien savoir... On la dit si jolie!... (// l'a à (jauche re(jarder par le trou de la serrure. D'Orbendas, en grand manteau, pa.uanl au fond, aperçoit Bruno, ec s'avance doucement près de lui.) Elle n'est pas dans cette première salle... Si quelqu'un me voyait ainsi, bien sur, il dirait... d'orbenoas, le frappant sur l'épaule.

Indiscret!

BRUNO, effrayé.

Oh! {Apercevant d'Orbendas.) Ah! vous avez trouvé au château de Presle le billet par lequel je vous annonçais que j'étais ici ?

U'ORBENDAS.

Oui, mon ami.

IIRUSO.

Vous avez bien lardé.

D'ORBENDAS.

En sortant de l'abbaye, j'ai voulu prendre quelques informations dans le voisinage de l'ancien bourg de Saint-Rupert... peine inutile... Que faisais-tu là?

BRUNO

Je cherchais ù voir une femme qui \icnt d'(5tre amenée secrètement au manoir.

D ORBENDAS, à part, souriant.

Monseigneur ne changera jamais. {Haut.) Mais c'est de l'indiscrétion !

BRUNO

Tout au plus de l'impatience ; car je dois la voir; je dois, d'après l'ordre de monseigneur, la charmer par mes chants.

d'oreendas.

Prenez garde de vous laisser charmer par ses beaux yeux... s'ils sont beaux.

BRUNO

Oh ! quand on a vu le portrait de Marie... Mais vous ne me parlez pas d'elle.

dorbendas.

C'est pour elle que je veux parler à monseigneur... On m'a dit qu'il est ici.

BRUNO

Oui, il est là (à gauche), près de sa nouvelle conquête. Cette dame doit appartenir à quelque puissante famille ; car monseigneur a recommandé de faire bonne garde. Toutes les portes sont fermées, et monseigneur en a les clefs.

d'oreendas.

Je veux parler à monseigneur pour obtenir de lui la donation écrite de tous les biens dont il a récompensé mes bons services; car, d'après un mot qu'hier j'ai entendu, il pourrait bien un jour me retirer ces propriétés dont j'ai joui jusqu'ici sans autre titre que sa parole. C'est la fortune de Marie... la tienne aussi peut-être.

BRUNO

Oh ! que me parlez-vous de fortune, si vous me faites espérer Marie?

d'oreendas.

C'est que, mon ami, arrive un temps où les soupirs et les adorations sont une nourriture fort creuse... Si j'obtiens cet écrit, je proposerai à la vicomtesse la réalisation de ces terres, qui toutes lui ont appartenu, et qu'en diverses circonstances elle a données à monseigneur sur de vaines promesses de fidélité. Je sais qu'elle tiendrait beaucoup à les ravoir.

BRUNO

J'ai bien peur iiue votre ami Melchy ne vous ait mal traité dans Tesprit de monseigneur. Hier encore, dans le parc, il lui reprochait sa munificence envers vous, et faisait valoir ses services aux dépens des vôtres.

d'oreendas.

Ah! c'est lui... laisse-nous.

Mcicliy paruil pjr I.i porte du fond ; Bruno sort par là, et jette un regard de mépris .1 Mclcliy,

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