‹ ThéâtreChapitre 112 sur 971 · MARIE, LA VICOMTESSE, MARTHA · texte numérisé non relu

MARIE, LA VICOMTESSE, MARTHA

MARTHA

Ciel! quoi! madame, votre fille?... Oh! mon Dieu ! je crains encore plus maintenant.

LA VICOMTESSE , tenant Marie dans ses bras.

Tu crains!... que crains-tu? j'ai ma fille, Dieu m'a rendu ma fille... Dieu a dit au malheur de s'éloigner de moi pour jamais... Tais-toi, je suis tranquille, je suis heureuse, Dieu le veut! Mon Dieu! merci, mon Dieu! .Elle presse Marie contre sa poitrine, et dit :) Oh! non, non, tu ne mourras pas!... Oh! va, va, je ne le perdrai plus!... MARTHA, bas à la Vicomtesse.

Vous oubliez donc , madame , l'amour de monseigneur?

LA VICOMTESSE, Serrant Marie avec terreur.

Oh! oui, c'est vrai... j'oubliais... je remerciais Dieu... (Jpj'è* des angoisses muettes.) Marie, ma fille, mon enfant, va prier... laisse-moi seule.

MARIE

Vous laisser?... Oh! c'est que maintenant, ma

mère, loin de vous, il me semble que j'aurai peur de tout,

LA VICOMTESSE

Laisse-moi... laisse-moi quelques instans.

MARIE

Vous laisser, ma mère, quand je vous vois si agitée!...

LA VICOMTESSE, la dévorant du regard.

Et crois-tu que ta présence me calme ?... Mais si tu restes là , ma fille , à la portée de mes lèvres et de mes regards , pourrai-je faire autre chose que te contempler, te presser dans mes bras , et oublier le danger qui nous menace?... Oh! non, laisse-moi... Ta vue précipite les battemens de mon cœur, ta vue me trouble, m'enivre, me rend folle, et jamais je n'ai eu plus besoin de toute ma raison.

MARIE

J'obéis ; je vais prier, ma mère.

LA VICOMTESSE, ù Marie, à voix basse, mais d'un accent animé.

Ta mère!... oui, je suis ta mère... mais ne m'appelle pas tout haut ta mère, ne dis à personne que je suis ta mère.

LA VICOMTESSE, clc même.

C'est que bientôt tu serais sans appui sur la terre, si quelqu'un venait à savoir... c'est qu'il y a un homme qui me tuerait, s'il savait que je suis ta mère !

MÂ-Vii^, vivement.

Oh ! je vous le jure, je me tairai.

LA VICOMTESSE, toujours btts , eti la pressant sur son cœur.

Mais je suis ta mère, au moins, entends-tu bien?... tu es ma fille, ma fille bien-aimée!

Marie entre dans la pièce à gauclie.

(V\-V\V\\\\^\\\\\\\\'\1A\\\\V\aV\'VV\\\'\\\\\\\'\\'\\\W\\\\\\\\V\W

Page 1