‹ ThéâtreChapitre 136 sur 971 · MARTHA, MARIE, FLAVY, DORBENDAS · texte numérisé non relu

MARTHA, MARIE, FLAVY, DORBENDAS

MARTHA

Monseigneur ?

FLAVV.

Conduisez Marie dans le donjon de l'Aigle. Elle ne part pas.

11 fait quelque pas pour aller ouvrir la porte do la tour.

n'oRBENDAS , bas à Marie.

Courage !

MARIE, apercevant tVOrbendas.

Il est là ! je n'ai plus peur.

Marie et Martlia entrent dans la tour dont Flary ferme lu porte et retire la clef.

d'orbendas, à pari.

Quelle situation 1 il faut improviser un expédient ou périr!

FLAVT, revenant.

Maintenant, j'aurai besoin de ton zèle, de ton activité. Ecoute; le temps presse, tu vas partir pour le château de Presle.

d'orbendas.

Partir! [A part.) Mille diables cornus !

FLAVY

Tu porteras une dépêche au capitaine de mes gendarmes, un ordre de venir en toute hâte. Metstoi là, écris ce que je vais te dicter. d'orbendas, à part.

Que faire ?

FLAVY

Y es-tu? Dépêchons.

d'orbendas, à part.

Je donnerais mille ducats d'une fraction d'idée !

Il cherche.

FLAVy, vivement.

Eh bien ?

d'orbendas, vivement , répondant à sa pensée à lui.

J'y suis, j'y suis !

Il s'assied devant la table, à droite.

FLAVY, assis à gauche, àV extrémité.

Comme tu dis cela !

d'orbendas, se ravisant. Vous m'avez demandé du zèle ; j'y suis! j'y suis!

FLAVY, dictant, assis à rjauche.

Écris : « Capitaine, réunissez à l'instant tous » les hommes d'armes du château et des environs, » tous les paysans de mes fermes ; armez-les, et » venez me joindre au manoir de Montlouvier.

D'Orhendas écrit très-vivement ce que lui dicte Flavy . puis il écrit autre chose, sur un autre feuillet, furtive. ment; de même jusqu'à la fin, d'une façon très-visible pour le public.

d'orbendas, répétant.

« Capitaine. »

FLAVY

Comment ! tu n'as écrit que capitaine ? d'orbendas.

Vous allez si vite... j'oublie.

FLAV'Y, avec impatience.

« Réunissez à l'instant tous mes gentilshom- » mes... »

d'orbendas, après avoir écrit sur son papier à lui.

Vous aviez dit tous mes hommes d'armes. (// déchire l'autre papier.) Tenez, monseigneur, j'aurai plus tôt fait de recommencer... ce n'était pas lisible. Allons doucement : « Capitaine , réunissez » à l'instant tous mes hommes d'armes... » Avec une compagnie, monseigneur, vous auriez de quo rabattre l'insolence...

FLAVY

Et le combat de demain?...

d'orbendas.

Je n'y pensais pas.

A quoi penses-tu donc ? je ne t'ai jamais vu si...

d'orbendas, écrivant toujours trôs-hâtivement.

Si bète, n'est-ce pas, monseigneur? c'est toujours ce qui arrive, quand on a le plus besoin d'avoir de l'esprit.

FLAVY

Enfin, où en es-tu? Dépêchons.

d'orbendas, se hâtant toujours.

Où j'en suis?... (4 part.) Je n'en sais rien.

FLAVY

Tu te démènes comme un possédé , et tu n'avances pas. Avec la moitié de ce mouvement, un autre...

d'orbendas.

La moitié ? {Apart.) S'il savait que j'écris pour deux!

Fiavv va à lui ; d'Orbendas fait dispai-aître son papier secret à lui sous l'autre qu'il montre sans se dessaisir.

FLAVY, sur son épaule.

Que de fautes encore! Il faudrait être un diable pour déchiffrer cela.

d'orbendas.

Votre capitaine en est un.

FLAVY

Continuons, continuons.

Oh ! si vous restez là, monseigneur, je vais écrire plus mal encore.

FLAVY

Impossible.

d'orbendas.

Je vous demande pardon.

FLAVY, allant se rasseoir à gauche.

Allons, allons.

d'orbendas, reprenant son manège.

« Du château et des environs... » Dispensezvous, monseigneur, j'ai retenu le reste. FLAVY, assis a gauche.

N'est-ce pas, dis-moi, qu'elle est belle, cette jeune fille ?

LE MANOIR DE 3I0ISTL0UVIER

d'obbbndas, improiivant.

Oh ! oh !

FLAVT.

Une grâce, une candeur, et, avec cela, de la vivacité, de l'esprit.

d'orbe>das, à part.

C'est mon élève. [Haut.) Monseigneur devient bien facile.

FLAVT.

Et le comte d'Arménis voudrait.... Où en es-tu ?

Vous dictez, vous parlez; vous me troublez au dernier point.

FLAVY, vivement^ colère.

Répète.

d'orbe>'DAS, répétant en désarroi un fragment de son papier furlif.

«Si monseigneur devient pressant, voici ce qu'il » faut faire. »

FLAVT.

Que dis-tu là ?

d'orbexdas, à part.

Oh ! (Haut, se levant.) Je dis : Si monseigneur devient trop pressant, voici ce que j'ai à faire : me lever, secouer les doigts {il les secoue j, faire quelques pas pour me dégourdir et me remettre à la besogne.

Jl si> r.issieil.

FLAVT.

Décidément, tu as quelque chose.

DOrljcndas met dans sa puilriue son papier furlif.

d'orbendas.

J'aiOni.

FLAVT, allant à lui.

Voici la nuit; donne, que je signe.

d'orbendas.

Voilà.

FLAVV.

Quel griffonnage!

Plus je me hâte et moins bien je fais; si vous m'aviez donné une demi-heure.

FLAVV.

Pourquoi pas une heure?

d'orbendas.

C'est ce que je voulais dire.

FLAVV.

Tu vas partir à l'instant.

d'orbendas.

Oui, monseigneur.

FLAVV.

Crève ton cheval, s'il le faut.

d'orbekdas.

S'il le faut, oui.

FLAVT.

Il le faut.

d'orbendas.

Je le crèverai! (.1 part.) C'est bien mon intention. (Haut.) Et un laissez-passer, monseigneur? La nuit , on n'entre dans vos châteaux cju'au moyen...

FLAVV.

C'est juste... [Il écrit.) Voici.

d'orbendas.

Merci.

FLAVV, fausse sortie.

Ah ! lu diras à Bruno de passer chez moi.

d'orbendas, récaiii.

Oui, monseigneur.

FLAVV, criant.

Entends-tu?

d'orbendas.

Sans doute.

FLAVT.

Je veux quil chante à Marie sa dernière poésie d'amour.

d'orbendas.

Où faudra-t-il aller vous rendre compte de mon message?

FLAVV.

Au donjon de l'Aigle, près de Marie; je n'ouvrirai qu'à toi seul.

Il sori r.-ini.lcnicnl parli- fond, et tourne à gauclioîla nnil vil ni iiisensil)lem(-nl.

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