‹ ThéâtreChapitre 137 sur 971 · SCENE XIX · texte numérisé non relu

SCENE XIX

D'ORBENDAS. LA VICOMTESSE; puis BRU>'0-.

d'okbendas, seul.

J'avais donc deviné ses projets... Oh '. ma tôle, ma tête !

LA VICOMTESSE, l'panouic, venant de la (/aurlir. Me voici , parlon^s.

d'orbendas.

Je vais vous causer, madame, une bien anicre douleur.

LA VICOMTESSE

Quoi ?

Marie ne part pas; voyez, monseigneur m'a chargé...

Il lui donne le billet qu'a diclc Flaw. LA vicomtesse.

Vous allez partir pour le château de Presle? d'orbendas.

Ohl que non pas I mais pour le château de votre oncle, le comte d'Arménis ; je vais lui dire de se porter ici, avec ses gens, à l'instant même.

LA VICO.MTESSE.

Et VOUS n'avez pas insisté auprès de nu>n époui( ?

d'orbendas.

Impossible de discuter avec lui : quand il veut une chose, c'est avec l'inllexibililé du destin.

LA VICOMTESSE, aliirVU'C.

11 veut...

d'orbendas.

Du calme, du calme, madame : de là dépend notre salut, si notre salut est possi])le.

■ L.I \ icuiutesisc, d'Orl)cnd.i>.

MAGASIN THEATRAL

LA VICOMTESSE

Ohl mon Dieu ! mon Dieu !

Ali! si f'élait un autre, un bon coup de poifînard,.. mais je lui ai plusieurs fois sauN/; la vie, je ne peux pas détruire mon ouvrage; et puis, il est mon bienfaiteur.

LA VICOMTESSE

Il n'est pas le mien I

d'oubendas.

J'ai besoin de votre secours pour sauver Marie.

LA VICOMTESSE, résolue.

Parlez, que faut-il faire ?

d'orbe^das, la conduisant jusqu'à la fjrille cl lui montrant l'extérieur.

Celte nuit, par cette fenêtre élevée, on jettera ici la clef de cette porte basse, qui conduit au donjon de l'Aigle par un escalier secret.

LA VICOMTESSE

Ensuite?

d'orbendas.

Vous prendrez cette clef, vous ouvrirez cette porte: c'est par là que j'introduirai le comte d'Arménis et ses gens ; mais si j'arrivais trop tard, veillez sur votre fille.

LA vicomtesse.

C'est bien.

d'orbendas.

La nuit est déjà profonde ; tenez-vous là. {Dési(jnant le 'pied de la tour.) Cette partie du manoir est déserte, vous ne serez pas surprise, tout le monde rentre par la grande porte. [On entend le son du cor.) Entendez-vous le signal de la retraite?... j'ai la clef de cette porte-ci, je vais partir.

Il désigne une porte extérieure au mur du fond. LA VICOMTESSE.

Oh! partez, hâtez-vous i d'orbendas, regardant en haut à gauche, à l'extérieur.

Plus de cinquante pieds... il faut songer à tout.

LA vicomtesse, accablée, pleurant.

Oh 1 ma pauvre enfant !

ERUïVO, passant en courant nu dehors, de droite àgauche' .

La retraite ! je suis en retard.

d'orbendas.

Bruno ?

BRUNO, en scène.

C'est vous... {S'inclinant devant la Vicomtesse.) Madame...

d'orbendas.

J'ai à te parler.

BRUNO

Il faut que je rentre; monseigneur m'a ordonné...

d'orbendas.

Je le sais. Tu remettras en secret à Marie ce papier de ma part.

Il lui donne ce qu'il a écrit furtivement pendant la scène avec Flavy.

vnvjio, pressé.

Oui, oui.

Je compte sur ton zèle, sur ton adresse.

BRUNO

Ma vie est à vous.

11 sort par le fond à gaucbe.

d'orbendas, allant à la Vicomtesse.

Allons, du courage, madame, nous en avons besoin ; une voix secrète me dit que nous sauverons notre fille; car c'est aussi la mienne, madame : plus donc les sombres fantômes du désespoir, mais les riantes visions de l'espérance. Après tout, si jadis j'ai pu, pour monseigneur, enlever des femmes au milieu de leurs châteaux bien défendus, pourquoi ne pourrais-je pas arracher un ange au danger qui le menace î Jadis, c'était Satan qui m'inspirait, aujourd'hui c'est Dieu. la vicomtesse, allant se placer à l'extérieur, appuyée contre la porte de la tour.

Oui, c'est lui qui vous inspire, d'Orbendas; partez donc, et à la garde de Dieu!

d'orbendas.

A la garde de Dieu !

11 sort par la porte du mur au fond. La 'Vicomtesse s'adosse à la tour et tire son poignard. La toile tombe.

* La Vicomtesse, Bruno, d'Orbendâs.

FIN DU QUATRiiME ACTE.

LE MANOIR DE IMOISTLOUVIER

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