SCENE YI
DEWORDE, seul: puis BATHILDE.
DEWORDE.
OÙ di)n(' peut-elle êtif-?... dans sa chambre.',// ffnpj'i'.) Hatliilde! H.ithijdelêtes-vous l;i?...non... cela commence ;i niiiKniicJcr ..J'ai parcouru tous les salons depuis dix niiiitites, et je ne l'aperçois nulle part... Que veut dire cette absence?... Ah! mon Dieu ! mon Dieu ! mais c'est une torture effroyable... et que je n'avais jamais éprou>éc... Oh I si jamais je tiens ce ^Inrrel !... BVTini.DE, cuiram.
Est-ce vous. Lucien ?
DEWORDE.
Ah ! vous >uilà entin !... D'où venez-vous donc?
nATIIlIHK.
Aloi?... de doinier des ordres à (lermainc... Dans dix miniiies, je jiars, Dovorde... et je ne puis vous exprimer combien je suis heureuse de partir.
MAGASIN THEATRAL
Vous êtes bien pressée de vous éloigner de moi, Bathildel
BATHILDE
Au contraire, Lucien, puisque je vais vous attendre... Que voulez-vous... ce sont des pressentimens, peut-être... Mais ici je ne vis pas.
DEWORDE.
Oui, je comprends.
BATHILDE
Là-bas, voyez-vous... nous serons seuls, mon ami! personne entre nous pour contrarier notre bonheur... Il me semble que c'est là-bas seulement que j'oserai vous dire que je vous aime, et combien je vous aime !
DEVV'ORDE.
Oh! Bathilde! Bathildel si vous saviez ce que vous me faites de bien en me disant de telles paroles!... Tenez, soyez franche avec moi... il vous est arrivé quelque chose que vous me cachez... ce Marcel!...
BATHILDE
Encore!... et dans ce moment, Lucien, quand je jouis du bonheur d'être toute à vous... quand je ne vous le cache pas, quand je vous dis, moi, Xemne^. moi, à qui de telles paroles sont encore interdites... quand je vous dis que je vous aime... Mais que vous faut-il donc de plus?
DEWOUDE.
Une confiance entière, Bathilde... Une année s'est passée entre la mort de M. d'IUières et mon retour... Cette année, vous ne m'en devez aucun compte, je le sais bien... Mais que voulez-vous?... ce sont des ténèbres dans lesquelles je cherche à voir... Ces ténèbres, mon imagination les peuple de fantômes créés par ma jalousie... Quelque chose qui se soit passée pendant cette année, cela ne changera rien à nos arrangemens, cela ne portera aucune atteinte à mon amour... Je n'en serai pas moins votre ami, votre esclave... celui qui vous aime et vous aimera avant tout et plus que tout... Mais je n'aurai plus à lutter avec mille folles chimères... Bathilde, au nom du ciel, voyons, dites-moi la vérité... Si quelcpae orage menace notre bonheur, montrez-le-moi du doigt vous-même, je vous aiderai à vous en garantir... Ehl mon Dieu! je suis homme, je suis fort... je puis tout entendre.
BATHILDE
Je n'ai rien à vous dire... sinon que vous êtes fou, Lucien, et opiniâtre dans l'incrédulité ; car qui me force, voyons?... Si j'aimais (fuelqu'un, j'épouserais cette personne... Je suis libre, n'estce pas ?
DEWOBDE.
Oh!
BATHILDE
Riche !
DEWORDE.
Que trop, mon Dieu! je voudrais vous voir pauvre... je voudrais avoir à vous offrir quelque chose que vous n'eussiez pas.
BATHILDE
Voilà encore une autre folie... et alors vous diriez que je vous aime pour votre fortune... tandis que je vous aime, Deworde, non point pour cela, et vous ne pouvez avoir aucun doute là-dessus... .Je vous aime pour vous, ce me semble, pour votre cœur loyal, pour votre réputation honorable, pour votre nom sans tache... Je vous aime enfin... parce que je vous aime... Vous ai-je jamais demandé, moi, pourquoi vous m'aimiez?... Non, j'ai été heureuse de votre amour... voilà tout... ■sans chercher d'où il venait... sans m'inquiéter du passé... sans craindre pour l'avenir... Tenez, vous êtes un ingrat !
DEWORDE.
Combien vous me rendez heureux!... Oui, pardonnez -moi... C'est insensé, n'est-ce pas, à mon âge, à trente-cinq ans, d'aimer ainsi?..; C'est que vous êtes mon premier amour, vous... c'est que j'ai si long-temps désespéré de vous posséder jamais , que je crains de vous perdre au moment de vous posséder pour toujours... D'ailleurs nos pauvres cœurs sont ainsi faits... craintifs jusqu'au milieu du bonheur ; car Us sentent qu'un bonheur complet n'est pas pour eux... Je devrais tomber à vos genoux... remercier Dieu... eh bien 1 j'ai peur... Laissez-moi partir avec vous.
BATHILDE
Je le veux bien.
DEV\'OnDE.
Vous le voulez bien?
BATHILDE
Sans doute, et je serai heureuse que vous ne me quittiez pas.
DEWORDE.
Vous voulez bien que je parte avec vous?
BATHILDE
J'allais vous le demander.
Pardon, Bathilde, pardon !.
gnerai, je ne vous quitterai puis croire !
BATHILDE
Eh bien! alors, ne me retenez donc Laissez -moi aller changer de costume., cinq minutes, je reviens.
DEWORDE.
Allez, allez... Je vous attends... ou plutôt je cours moi-même me préparer... Ici, bientôt, n'estce pas ?
BATHILDE
Oui.
Deworde lui baise la main, DEWORDE.
Oh!... je puis la quitter maintenant... Et ce Marcel qui n'est pas même venu. J'étais fou... Ne perdons pas un instant.
Ils sortent chacun par une porte, celle du fond s'ouvre, et Marcel parait.
. je vous accorapapas... Ah! je n'y
pas...
dans
BATHILDE
V\\\VV\ViVVV\VV\\\\\\VV\\\\'V\V\\\\X.\\V\\\X\VV\VXVVV\,VV\V\VV\