SCENE X
Les Mêmes, RÉMOND.
RÉMO'D, pa/e, tremblant, traverse la scène et vient à Voilier; sa voix est entrecoupée.
Merci, monsieur, merci. (Il lui prend la main.) O les infâmes !
YALLIER.
Il était là I
RÉMOD , qui a Viril fixé sur sa sœur. Marie, donnez-moi cette parure. {A Vallîcr.) Merci ! Nous pourrons encore... Oui, j'étais rentré... (Regardant sa sour.) Ils ont osé s'attaquer à elle! à elle, si pure! à ma sœur !
MARIE
Par pitié...
RÉMOD.
Donnez-moi ce collier, cette bague. {A Vallier.) Nous nous acquitterons, monsieur; il nous reste encore des ressources. (A sa sour.) Marie, vous avez un écrin ?
MARIE, avec terreur.
Celui de notre mère?
RÉMOND
Donnez-le-moi.
MARIE
Celui de notre mère :
RÉMO>D.
Je l'attends.
MARIE
Mais c'est sacré; mais c'est la seule chose qui nous reste d'elle.
RÉMOXD , éclatant avec larmes.
Elle l'eût donné cent fois, notre mère. {Se contraignant de nouveau.) Allons, je l'attends, vous voyez bien !
JIARIE, dont le désordre va croissant.
Mais je ne sais où il est.
RÉMOND
Là, dans ce meuble.
MARIE
La clef?
RÉMOD.
Vous l'avez toujours sur vous.
MARIE
Moi!
RÉMOD.
Donnez-la , je la demande, je l'attends, je la veux !
MARIE
Oui... oui...
RÉMO'D, avec force, lui arrachant la clef. Donnez-la donc! donnez !
11 court ouvrir le meujjle.
O mon Dieu ! pitié! pitié!
RÉMO'D, avec joie, à f^allier, en lui montrant r écrin.
Avec ceci, monsieur, je suis sûr à présent... Oh! merci! j'ai là de quoi répondre, voyez-vous, de quoi m' acquitter... des diamans... {Il ouvre l'ccrin.) Quelles sont ces lettres?... sonécriturel Marie! {Marie tombe à fjcnotix devant lui ; il reste atterré... puis, en songeant à de Beaumont, sa fureur le trahit par une exclamation qu'il laisse échapper comme une menace.) Ah!
YALLIER, devinant son intention et lui serrant la main.
Je serai votre second.
MARIE REIMOND.